Pollution dans la réserve d’oiseaux à Hendaye

lundi 22 février 2010 à 22:06 | Publié dans actions antenne 64, écologie, pollution | 12 commentaires
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Date : février 2010

Localisation
Sur la commune d’Hendaye, dans la baie de Txingudi, réserve naturelle classée «Zone de grand Intérêt pour la Conservation des Oiseaux sauvages dans la Communauté Européenne» (ZICO ) et «Zone de Protection Spéciale» (ZPS) Natura 2000.

Le contexte
La baie de Txingudi est un milieu naturel exceptionnel de type «milieu humide», espace de vie pour un grand nombre espèces d’oiseaux marins. Il est étudié et surveillé par des organismes scientifiques (Ifremer, par exemple), objet de fréquentes visites
touristiques et naturalistes (CPIE Littoral Basque, par exemple), qualifié récemment de «trésor de biodiversité» lors de la Journée Mondiale des Zones Humides et objet d’une expostion qui vient de s’achever à la médiathèque de Bayonne. C’est un milieu rare et sensible (les alluvions de la Bidassoa l’envasent inexorablement, avec un risque potentiel d’inondation du quartier des Joncaux) situé au coeur de la ville d’Hendaye, entre la plage et le centre ville.

Les observations
Trois types de pollutions ont été identifiées dans la baie : en jaune bleue et rouge sur le plan ci-dessus.

Note du 5 mars 2010 : à la suite de notre signalement et de la parution consécutive de plusieurs articles dans les médias locaux, la Mairie d’Hendaye a procédé au nettoyage des différents sites pollués.

Pollution n°1 : épandage de gravats

Dans un premier temps, il a été constaté (le 17.02.2010), le long de la base nautique, la présence de gravats récemment répandus sur une longueur d’environ 100 m. Les dépots contiennent des pierres et graviers, du bitume, des bordures de trottoir, des tuyaux plastiques, du métal, des filets plastiques et des racines de végétaux. Tout laisse à penser qu’ils proviennent d’un chantier de réfection de voirie (parking de Sokoburu en travaux ?). Puis le lendemain (18.02.2010), des tas de sable ont été déposé au même endroit avant d’être étalés sur les dépots de polluants.

A l’initiative de France Bleue Pays Basque, nous avons rencontré le 23.02.2010 Monsieur le Maire d’Hendaye et Monsieur Laville, le Directeur des Services Techniques dans la baie de Txingudi. Ils ont affirmé catégoriquement « ne pas savoir » qui a apporté des gravats dans le site protégé et a répandu ensuite du sable par dessus, le tout en plein centre ville et à quelques mètres d’un dépôt des Services Techniques de la ville.

Le hasard faisant parfois bien les choses, en repassant quelques heures plus tard, nous avons vu un tracteur – le même tracteur que celui repéré les jours précédents -, conduit par un homme portant des vêtements signés Ville d’Hendaye qui terminait d’étaler le sable.

Le jeudi 25.02.2010, le journal Sud Ouest, publie un article expliquant finalement que les gravats étalés « par erreur » sur la petite plage de la réserve naturelle de Txingudi (appelée aussi plage du Centre Nautique) proviennent du chantier du parking du port de plaisance (Sokoburu), dont les maîtres d’oeuvres sont les Services Technique de la Ville d’Hendaye en collaboration avec l’entreprise Sogeba (voir photo ci-dessous). « En fait, il était prévu que lors des déblais, le sable composant la sous-couche de l’ancien parking, serait stocké sur le site du centre nautique, et que les matériaux de structure de chaussée, seraient réemployés pour le remblai périphérique du giratoire de Lissardy, en cours de construction. Le tri entre le bon sable et les gravats étant fait sur place et les deux placés dans des camions bennes différents. Malheureusement, un des chauffeurs chargé de conduire à bonne destination le sable ou les gravats, a manqué de discernement. C’est ainsi que des bordures de trottoirs, gaines d’éclairage public et grillages ont été déversés sur la plage du centre nautique. »

L’article poursuit en expliquant que « mercredi matin (24.02.2010), des employés réparaient l’erreur en enlevant le plus gros des gravats et en passant le tamis de manière à ne laisser que du bon sable ». Malheureusement à ce moment là, les gravats et les polluants divers se trouvaient déjà enfouis sous le « bon sable » apporté par camions benne entiers… et étalé avec l’aide des Services Techniques Municipaux.

Informations complémentaires :
– Interview réalisé par France Bleue Pays Basque dans le journal de 8h le 24.02.10
– Article publié par EITB.com le 24.02.10
– Article publié par le quotidien Sud Ouest le 25.02.10.

Pollution 2 : dépot sauvage d’ordures
Un dépot sauvage d’ordures, visiblement présent depuis de nombreuses semaines se trouve le long de la cloture qui sépare la zone technique de la base nautique.

Pollution 3 : tas de déchets collectés
Les déchets et bois collectés par ramassage mécanique sur le sable voisin sont accumulés en un tas situé en haut de la petite plage de la base nautique. Il a été constaté – le dépot de laisse de mer l’atteste – à marée haute, lors de forts coefficients, que l’eau arrive jusqu’au tas, avec le risque de remise à l’eau d’une partie des polluants collectés. Sans parler de l’aspect visuel répugnant d’un tas de déchets laissé à l’abandon.

12 commentaires »

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  1. POURQUOI TOUS LES GRAVATS ET AUTRES DES CHANTIERS D’HENDAYE NE VONT ILS PAS AU CENTRE DE STOCKAGE DE DECHETS INERTES DE LA COMMUNE (AGORRETA) ??
    CENTRE PREVU POUR CELA
    VRAIMENT BIZARRE
    SI QUELQU’UN PEUT M’EXPLIQUER JE LUI EN SERAI RECONNAISSANT !
    MERCI

  2. Moi qui croyais ingénuement au respect des zones délimitées comme sensibles et qui m’en félicitais!
    C’est indigne…

  3. tout au long de l’année une serieuse pollution se depose et détériore notre fragile environnement.
    Que dire aussi de l’envasement de cette merveille qu’est la baie de Txingudi. L’ile aux oiseaux n’est déjà plus une île.A marée basse l’homme prend possession du territoire des oiseaux qui y demeurent et
    bien qu’interdites les promenades sur l’île se succèdent.
    Des « fuites » de « sources bien informées » font état de la mise en place de spécialistes qui pendant 3 ans vont etudier et examiner l’évolution de la baie. Dans trois ans il sera trop tard….
    Le cout est certe trés élevé pour draguer la baie mais il y a des causes pour lesquelles il ne faut pas compter.
    C’est à se demander si certains n’ont pas dans l’idée un projet immobilier sur pilotis. Mobilisons nous. L’union est toujours plus porteuse que les démarches individuelles pourtant bien fondées.

  4. Vraiment dommage !

  5. Bravo pour votre vigilance et merci pour votre admirable engagement.

  6. un si petit morceau de nature au milieu du beton…il faut quand meme en venir a bout!! dans quel monde vivons nous!!il est deja dangereux de se baigner sans combi tant la polution est grande meme a 2 milles des cotes…demandez aux plongeurs…
    nos enfants nous diront merci……
    a+ FRANCOIS

  7. Effectivement, me promenant régulièrement sur la baie avec une amie, nous avons constaté qu’ils enfouissaient les déchets par du sable et nous avons fait cette réflexion : « mais ils ne peuvent pas nettoyer avant de remettre du sable ! ». Nous étions loin de nous douter que des gravats avaient été déposés. Quelle honte pour Hendaye !!! Quelle exemple !!!!

  8. Pourquoi,tchin tchin n’en parle pas?…..

  9. Attention ! Juste pour info : le monsieur qui se trouve à côté du tracteur n’en est pas le conducteur ( comme pourrait le laisser croire le commentaire !) Il n’a pas la tenue des employés de mairie mais celle d’un « voileux » !!!!

  10. dans le sud ouest ce matin : http://www.sudouest.com/pays-basque/actualite/st-jean-de-luz-hendaye/article/887058/mil/5785189.html

    « Jean-Baptiste Sallaberry a répondu que « c’est un adhérent et non un responsable de Surfrider qui est venu me voir, cela n’est pas du tout passé par le bureau de Surfrider. Je précise d’ailleurs qu’à ce titre le responsable du bureau de Biarritz n’est pas d’accord sur la façon dont ça s’est déroulé, et m’a présenté ses excuses. »

    que faut-il en penser.

  11. […] ouverte à la Mairie d’Hendaye et aux hendayais (dans Le Journal du Pays Basque) à propos de la pollution de la baie de Txingudi que nous avons récemment révélé. Le collectif demande […]

  12. Pour info
    Concernant le désenvasement de l’île aux oiseau, la Marie d’Hendaye ne pourra à elle toute seule trouver le financement, mais elle a la possibilité de demander de l’aide urgente au Conseil Régional et Conseil Général.
    Si elle ne le fait pas c’est par ignorance ou par laxisme.


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