Ils arrivent !

jeudi 25 février 2010 à 21:17 | Publié dans médias filtrants, pollution | 4 commentaires
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Des milliers de médias filtrants ont été repéré depuis plusieurs jours sur la Seine à Paris par des gens vivants sur des péniches (lire « il y en a partout »). Deux particuliers, prenant leur courage à deux mains, ont remonté le fleuve, un peu comme le Petit Poucet, jusqu’à trouver l’origine supposé de la pollution : une station d’épuration à Evry.

Là, le spectacle est effarant. Plusieurs mètres cubes de ces bouts de plastique sont abandonnés en bord de Seine et rejoignent l’eau portés par les pluies récentes. La Police Fluviale, prévenue, est venue constater les dégâts… vite rejointe par une équipe de télévision de France 3 (voir le reportage sur l’édition de Soir 3 Ile de France du 25 janvier).

Et comme toutes les rivières mènent à la mer, on les retrouvera bientôt dans l’océan, au Havre ou ailleurs, portés par les courants…

Lire aussi l’article paru dans Le Parisien du 25.02.10.

Et ci-dessous le témoignage  complet des deux parisiens qui ont révélé la pollution :

W. et moi habitons tous deux sur des péniches à Villeneuve la Garenne, au nord de Paris.

Lundi 15 février, W. vient me voir avec un exemplaire de ce bout de plastique me demandant si j’avais vu qu’il y en avait une quantité importante dans la Seine . Nous nous mettons au bord de l’eau a essayer de quantifier le volume de ces particules, et nous nous apercevons très vite que cela représente une vrai pollution quand en l’espace de 10 minute nous en récoltons un centaine à l’aide d’une passoire a partir d’une fenêtre d’une des péniches.

Nous contactons la Police Fluviale dans la journée pour les informer qu’une grande quantité de morceaux plastique flotte sur la Seine. Pas vraiment de réaction…

Vendredi 19, nous réitérons notre signale d’alarme auprès de la police, car les quantités qui passent devant nous sont identique, et il semble que personne n’est intervenu… Devant l’insistance de W., une brigade fluviale vient sur site en bateau, pour constater et prendre un échantillon.

Au départ personne n’avait vu les « morceaux de plastique » dans l’eau, ce n’est qu’en leur montrant précisément de quoi il s’agissait qu’ils ont enfin vu qu’il y avait un problème. Ils ont fait un relevé qu’ils ont emporté.

Le 23, les quantités qui passent sur la Seine redoublent, personne n’est intervenu, ou alors la pollution vient de bien plus haut, puisque nous habitons à la sortie de Paris.


Touver l’origine de la pollution
Je décide de prendre le téléphone, je contacte a la suite différentes associations comme Green peace, WWF… Mais aussi quelques organismes d’état comme le Ministère de l’Environnement. Les associations nous répondent que ce n’est pas leur créneau, seul le MDRGF nous orientera directement vers Surfrider nous disant qu’ils ont une action direct sur le sujet de ces particules de plastique. En visitant le site et en discutant avec un membre de l’association au téléphone nous nous rendons vite compte qu’il est urgent d’agir pour faire stopper le déversement.

Nous prenons contact avec Véolia, tout d’abord par le service Relations Presse, puis nous somme recontacté très rapidement par Carole Baudoin, qui semble être une des responsables du département Eau chez Véolia. Elle ne semble pas au courant ni de la pollution ni de qui peut utiliser ces médias filtrants qu’elle semble connaître. Me confiant que Véolia sur le secteur n’utilise pas cette technologie… Elle me propose de faire son enquête et de me rappeler…

Nous décidons de préparer une sortie le lendemain, pour voir d’où cela vient, étant donné que personne ne s’est vraiment aperçu de cet pollution. Entre temps je prend contact avec le journal Le Parisien pour savoir si notre petite enquête les intéresse. Nous donnons rendez vous quai Francois Mauriac, face a la Bibliothèque Nationale Francois Mittérrand le lendemain à 10 h.

Sur le quai nous découvrons des petit tas, de médias qui ont été déposé par les vagues. Dans l’eau leur présence se fait plus discrète, nous en voyons quand même très rapidement une vingtaine. Julien Solenel, le journaliste fais quelques photos et nous partons en voiture sous la pluie pour remonter la seine jusqu’à l’origine de la pollution.

Road trip en bord de Seine
Notre premier point de stop sera la jonction entre la Seine et la Marne, à Alforville. Nous découvrons qu’il y a beaucoup plus de médias dans l’eau et que la piste à suivre est sur la Seine.

Nous faisons un deuxième arrêt à Choisy le Roi, où la pêche au médias devient de plus en plus miraculeuse… En repartant nous voyons deux stations d’épuration, dont une Véolia. Nous décidons de nous y arrêter et de poser quelques questions….

Premier contact avec le gardien qui interpelle une personne qui sortait de l’enceinte en voiture pour nous informer.
La personne travail sur le site, nous lui expliquons que nous sommes deux particuliers et que nous recherchons d’où peuvent bien provenir ces petits bouts de plastique. La personne nous dit tranquillement que cela fait un moment qu’ils en récupèrent dans les filtres de ponction d’eau de Seine de la station. Il nous dit que les quantités à certains moments étaient assez impressionnantes. Nous voyant offusqués, du fait de ne pas avoir donné l’alarme, il nous conseille de prendre constat avec le responsable technique de la station qui est Mr T.

Le garde à l’entrée prend le téléphone et demande si le directeur veux bien nous voir ou nous parler. La discussion sera assez étrange, tout d’abord Mr T. veut savoir qui nous sommes, comment avons eu son nom, à quel titre nous faisons cette « enquête »…. Âpres avoir passé 5 bonnes minutes a essayer de nous justifier, nous lui demandons si il est informé de la pollution… Et là, drôle de réaction… « Je ne sais rien,  je n’ai rien vu ». Nous lui disons que nous avons parlé avec un employé qui nous a confirmé le contraire… Mr T. visiblement très mal a l’aise, nous dit à plusieurs reprise que cela n’a aucune incidence sur l’eau que Véolia fourni sur le réseau… Nous lui demandons pourquoi il n’a pas alerté les pompiers ou la police en voyant ces matières plastiques dans les filtres de la station… C’est là que la conversation se terminera en « si vous voulez poser des questions faite le par fax ou par écrit et je vous répondrai ».

Nous repartons faire nos relevés, non sans une pointe d’humour, devant le gardien qui a suivi toute la discussion et qui ne comprend pas pourquoi on fait ça, surtout sans gagner d’argent… Sans association… A titre personnel, mais pourquoi ?

Ça se précise !
Nous faisons encore deux arrêts jusqu’à arriver à Soisy ou nous découvrons des quantités très importantes de médias sur les bords de Seine. Nous prenons la décision d’aller jusqu’à Fontainebleau directement pour voir si cela vient d’ïle de France ou alors si la pollution remonte bien en amont. Rien ne sert de continuer si cela vient de Rouen ou d’ailleurs.
Nous nous arrêtons à Champagne sur Seine, pas de trace. La dégagement est donc entre Soisy et ici.

Nous longeons la Seine le plus prêt possible pour pouvoir nous arrêter régulièrement pour faire des relevés.

Pendant ce temps je prend mon téléphone pour appeler la Diren, dont le Ministère de l’environnement m’avait donné les coordonnées. A la DIREN on m’explique qu’il ne peuvent pas faire grande chose que ce n’est pas leur fonction mais me coonseille d’appeler les Services de la Navigation de la Seine, et plus particulièrement le contrôleur de la zone qui est Mr H.

Au téléphone Mr H. me dit être au courant, mais depuis tres peu de temps, et qu’il veut bien des photos de nos recherches. Je lui fait par de nos relevé, il me confirme que selon lui cela provient de la zone de Corbeille Essonne. Il me confie qu’il ne sait pas trop ce qu’il peut, ou a la droit de dire mais quand je parle de nos suspicions sur une usine de traitement des eaux, il nous lâche que c’est aussi son avis… Nous finissons par nous proposer d’échanger par mail.

La recherche nous amène petit à petit à revenir proche du dernier point ou nous avions vu des médias. Nous arrivons donc à Corbeille Essonne, où nous arrivons jusqu’à identifier une zone où les medias ont pu être jeté à l’eau. Nous nous trouvons devant l’Usine Intercommunale de Traitement des Eaux d’Evry et de Corbeille… Cette usine est en travaux pour «mise aux normes».

Un tas de 3 m de diamètre sur une hauteur de 70 cm
Nous parcourons les berges pour trouver un endroit où il pourrait y en avoir plus qu’ailleurs… Et la nous tombons sur un tas d’environs 3 mètres de diamètre sur une hauteur de 70 cm… Que des média filtrants. Ils sont là, à même la berge, la première crue les emportera sûrement.

En fouillant un peu nous trouvons très facilement des traces de ces médias jusqu’au portes du chantier, juste en face du tas en traversant la route….

Nous décidons d’appeler la police qui viendra vers 19 h, pour constater.

Nous avons passé la journée entière à faire ces recherches, et nous nous étonnons que personne n’ai rien vu, alors que ces bouts de plastique ont flotté sur la Seine pendant plus de 8 jours, ont traversé Paris, et vont finir en mer, là ou semble-t-il il y en a déjà beaucoup qui viennent d’autres rejets sauvages…

4 commentaires »

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  1. En galice aussi, les déchets camemberts proviennent d’une station d’épuration
    http://www.lavozdegalicia.es/vigo/2010/02/23/0003_8312422.htm

  2. Bonjour

    Je viens de relayer l’information ce matin :
    http://www.igepac.com/article-alerte—pollution-plastique-r3f-de-la-seine-le-11-fevrier-2010—45887273.html

    Il faut vraiment se mobiliser car je vois venir dans les années qui viennent un phénomène aussi vaste que les algues vertes car c’est un produit qui va être utilisé par toutes les stations d’épuration car ce procédé augmente le rendement de dépollution.

    Il faudra attendre une vingtaine d’années pour faire un constat, une autre pour dire que l’on va pallier au problème et une troisième pour s’apercevoir qu’il est trop tard. Je souhaite vraiment que mon analyse se révèle rapidement fausse.

    Pierre – igepac

  3. […] de ces pollutions a été constatée sur la Seine en février 2010 (cf photo). La station d’épuration d’Evry à laissé échapper plusieurs mètres cubes de ces polluants qu’on a dû retrouver sur les […]

  4. […] de ces pollutions a été constatée sur la Seine en février 2010 (cf photo). La station d’épuration d’Evry à laissé échapper plusieurs mètres cubes de ces polluants qu’on a dû retrouver sur les […]


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