Un petit tour au sud des Landes (1)

lundi 5 avril 2010 à 21:47 | Publié dans actions antenne 64, Moliets / courant Huchet, pollution | 3 commentaires
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Alertés par Jean Luc, un adhérent local de Surfrider à propos de l’état des plages du Sud des Landes et de la présence sur-abondante de médias filtrants (« camemberts plastique ») en ce week end de Pâques (*), nous sommes « montés » sur place avec l’idée de lui rendre visite et d’inspecter quelques stations d’épurations publiques et privées, succeptibles de faire avancer notre dossier « médias filtrants ». Compte rendu.

(*) : qui fait suite à de très gros coefficients de marée de printemps et à une tempête de vent d’ouest au début de la semaine.

Après avoir fait un tour à la station d’épuration d’une grosse entreprise de la région, nous prenons la direction du déversoir des eaux purifiées à plusieurs kilomètres de là. Marche à pied dans le sable à travers les pins jusqu’à une dune au milieu de nulle part. Le tuyau est là. Il ne coule pas ce jour là. La plage, n’est pas plus sale qu’ailleurs. Tant mieux !

Elle n’est pas plus propre non plus ! Cet endroit reculé n’est pas nettoyé par les communes. Il accumule les déchets sur de longues périodes et permet – malheureusement – de prendre conscience du volume de macro-déchets qui se déversent régulièrement sur le littoral.

Après quelques kilomètres, nous arrivons à l’embouchure du courant d’Huchet, porte de la réserve naturelle du courant d’Huchet.

A quelques mètres derrière le panneau, un dépôt important de bois flotté arrivé suite à la tempête dans la semaine.

En s’approchant, on s’aperçoit vite que c’est en fait un mélange inextricable de bois et de plastique… et pour dire vrai, la plus grande concentration de granulés plastique (matière première de l’industrie plasturgique ou « larmes de sirène »), de médias filtrants et de micro déchets plastique que nous ayons jamais observé !

Long de 50 m environ, ce tas de déchets atteint une trentaine de centimètres d’épaisseur. La quantité est telle que le comptage est impossible.Juste à côté de cet amas, en délimitant un carré de sable d’une soixantaine de centimètres de côté, on comptera près de 60 médias filtrants échoués !

Notre correspondant local en avait ramassé plus de 600 la veille dans une bande de sable de 10 x 1 m ! C’est, en quantité,  après la pollution parisienne et et celle de Galice, à notre connaissance, la plus grande concentration observée !

En marchant dans la réserve, nous repérons des cailloux semblables à des pierres volcaniques (cerclé en rouge ci-dessous).

Il s’agit en fait de résidus de combustion. Il y avait sans doute ici (avant que la réserve – qui date de 1981 – n’existe ?) une décharge à laquelle on a mis le feu pour la faire disparaître avant de l’enfouir sous du sable. Les courants, les marées et le vent, en dégradant les berges du courant d’Huchet, ont mis à jour une plaque de plastique carbonisé d’une 40 aine de centimètres d’épaisseur qui s’enfonce jusque sous la dune et la végétation sur plusieurs dizaines de mètres de longueur ! En plein coeur de la réserve naturelle !

Plus loin, dans l’eau, s’amoncelle toujours un mélange de brindilles de bois, de plastique…

… Et de polluants divers.

En ressortant de la réserve, nous faisons quelques pas sur la plage jonchées de déchets et de plastique en état de décomposition avancée. Les « médias filtrants » se comptent par centaines.

Enfin, telle une provocation ultime, nous repérons au loin un tas coloré, dans la réserve, mais de l’autre côté de la dune, là où viennent nicher quelques espèces d’oiseaux rares. En nous approchant, nous découvrons qu’il s’agit d’un ballot de sacs plastique de 2 m de long sur un de large et un mètre de hauteur, échappé d’on ne sait où !

Nous terminons notre tour du sud par une visite de la plage des casernes à Seignosses qui révèle son lot de médias filtrants et de cochonneries en tous genres. Il y en a même sur le lac marin du Vieux Boucau (port d’Albret), venus sans doute avec les grandes marées.

Nota :

1. Pas de déchet ni d’odeurs insupportables aux alentours des stations d’épuration visitées et dans les cours d’eau avoisinants. (pour mémoire, c’était aussi l’objet de notre tour du sud des Landes).

2. A noter que le vendredi 23 avril 2010, la réserve Naturelle du Courant d’Huchet organise à un rendez-vous familial en compagnie d’Olivier, le guide naturaliste de la réserve, intitulé « découverte de la richesse écologique de l’embouchure du Courant d’Huchet et ses menaces (pollution) ». Un ramassage de déchets accompagnera la présentation (gants et sacs poubelle fournis). RDV à 14h30 à l’embouchure du Courant d’Huchet – Plage Principale – Gratuit. Info et résa à l’office du tourisme.

3. Jean Luc, l’adhérent local de Surfrider, notre guide ce jour-là dans la réserve du courant d’Huchet, se rend tous les jours sur place pour nettoyer la zone. Il a, depuis le début du mois de  janvier à ce dimanche 4 avril, déjà collecté 180 sacs d’ordures de 50 litres chacun !

3 commentaires »

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  1. Quel boulot Jean Luc ! Bravo pour ton opiniatreté !

    Merci François pour ce dossier fort bien imagé et expliqué. J’aurais bien aimé etre avec vous ce jour là!

    Que la STEP ne fonctionne pas le jour de Paques me parait normal. Peut etre faudrait il y revenir en semaine pour voir si des medias filtrants sortent du déversoir.

    a plouf!

  2. Yann,

    nous sommes convaincus que les médias filtrants présents sur place ne viennent pas d’une station d’épuration locale, mais sont arrivés par la mer :

    1. Parce qu’ils n’ont pas l’aspect de ceux utilisés en France par les entreprises du secteur de traitement des eaux.
    2. Parce qu’ils semblent visiblement arrivés avec de nombreux déchets venant entre autre d’Espagne et du Portugal comme le laisse deviner les écritures sur les emballages (*).

    Ceci étant dit, la piste d’une pollution venue d’ailleurs et maintenant à creuser sérieusement… Les médias filtrants comme le reste voyagent au gré des courants.

    (*) : pour tordre le coup aux vieilles rumeurs : même si l’effondrement de la décharge de la Corogne dans la mer en septembre 1996 a laissé durablement une image de pollueurs aux espagnols, les choses ont bien changé depuis… La péninsule ibérique ne pollue pas plus que les autres pays européens, ce sont les courants qui naturellement dirigent leurs déchets dans le Golfe de Gascogne.

  3. merci pour ce gros travail de collecte de déchets, je passe l’info à tous mes contacts afin que de plus en plus de touristes sachent qu’il n’y a pas que les municipalités qui nettoient le litoral.
    bon courage pour le 23 avril!!!


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