Kun Tiqi, des planches éco-conçues en balsa

mercredi 9 juin 2010 à 08:34 | Publié dans information générale, shaper, surf | Laisser un commentaire
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Du 12 au 20 juin, Olivier de Kun Tiqi – les planches en balsa – revient sur Anglet pour nous faire découvrir ses planches écologiques et équitables. Quelque soit votre niveau, débutant ou confirmé, venez voir, toucher, tester et vous faire une idée !

– le samedi 12 juin à la Barre, pour les filles : venez vous inscrire au Ride ‘n Rose, où plein d’autres activités et initiations vous sont proposées.
– Le 20 juin plage des Cavaliers pour le International Surfing Day, avec l’ecole de surf  Time to Surf.
– Ou encore toute la semaine, en fonction des conditions, en contactant Olivier (oliviereudes@yahoo.fr /06.60.83.37.08) et en vous inscrivant sur le planning partagé.

Pour mieux comprendre la démarche de Kun Tiqi, interview d’Olivier – en suivant le lien – qui présente son travail et ses réflexions sur les planches.


Ci-dessus : Olivier sur une planche Kun Tiqi

Quel est l’intérêt d’une planche en balsa ?
L’idée maitresse de Kun-Tiqi se résume simplement: fabriquer des planches pour surfer, belles tant qu’à faire, avec des matériaux basiques, les plus renouvelables possible, dont le rejet offre un impact limité, en respectant le travail des gens, leur santé, et celle de tous sur un plan plus large.

Nous avons la chance de vivre cette passion, et besoin d’une nature la moins intoxiquée possible pour en jouir. C’est tout con, pas d’air pur, pas d’eau propre, pas de terre fertile et c’est tout le monde qui trinque, et en particulier, les populations et les endroits où l’on délocalise, pille, surexploite, pour que l’on puisse faire joujou et se la péter avec nos derniers exploits toujours plus extrêmes . Le constat est là, nos boards sont faites de produits toxiques, pétroliers, et maintenant, délocalisées dans des conditions pas complètement clean dans les pays les moins regardant socialement et pour l’environnement « naturel ».

Pourquoi ne pas essayer d’étendre notre préoccupation écologiste à ce qui nous donne tant, nos planches !

Comment sont-elles fabriquées ?
Le bois
Cela commence avec une filière sûre pour le bois en Equateur : on ne prend le balsa qu’à certaines fermes, et même surtout une, dont le propriétaire alterne/superpose les cultures : yucca, haricots, et replante évidemment… La matière première provient donc d’une sorte de permaculture permise par le climat équatorien. Le balsa est exploité après 5 ans en moyenne, ce qui est assez pratique.

Le shape
Très près de là, (pour l’histoire, ça vient même en charrette avec un âne ou un cheval, parce que c’est tout simplement moins cher et plus pratique……), Afro fait les « blanks » et Jimmy et Milton font le vrai boulot de shaper à proprement parler. Cela fait 18 ans qu’ils font des planches. Stefan, mon associé, à vécu là bas, chez eux, (il a participé pour ses études à mettre en place une filière de cacao bio et équitable) et leur a proposé cette collaboration. Certains shapes ont été changés – c’est là où le feedback avec nous et moi est important- et le paiement se fait avant de vendre.

En assurant cette transparence, ce suivi, on peut dire, sans avoir de label, que l’on est dans une démarche « équitable ». Mais pour obtenir la certification, il faudrait tout faire soi même car nous serions les premiers, et ce serait bien trop coûteux pour l’instant. Il s’agit donc d’une démarche basée sur la confiance, chose un peu démodée je l’avoue.

Notre travail en Espagne
Ensuite, par avion ou bateau, les commandes nous arrivent et nous les glassons : fibre de verre ou bambou pour l’instant, et résine époxy à base d’huile de lin, 98% végétale, fabriqué en Europe. Le lin vient aussi d’Europe et cette culture est très économe en eau et intrants (tous les -cides et fertilisant), il n’est pas en concurrence directe avec l’agriculture « qui nourrit »,  comparé au coton, au maïs OGM pour les « bio plastique » ou autres. Il reste juste le catalyseur UV qui est chimique. Mais on passe de plus de 30 % pour l’époxy « normale » à 2 ou 4 % pour celle que l’on utilise, donc, déjà, bénéfice. Cette époxy n’est pas considérée comme toxique : pas de masque ou de protection obligatoire selon la législation. Je la mangerais pas mais presque… Et la catalyse UV évite le gaspillage : l’époxy durcit uniquement sous l’action des rayons UV, en gros le soleil !
Nous utilisons le rescleaner à la place de l’acétone (suite aux recherches de Benoit Dandine avec l’ACS) et Notox qui nous fournit.
Résultat, on est vraiment pas mal niveau toxicité, composés organo volatiles, et résidus, rejets.

L’atelier n’est pas celui de Notox, c’est clair, mais je pense que l’on n’a pas à rougir de beaucoup d’autres. On fait évidemment le tri des déchets et je ramène moi même en France tout ce qui passe par une filière spécifique de retraitement des produits toxiques. D’ailleurs, pour l’instant, je n’ai pas encore fini de remplir le bidon, pour te dire… Surtout la peinture pour les réparations que l’on fait.

En terme technique, comment situerais-tu vos planches ?
Nous faisons tout style shape ; fish, twin, quattro, single, evolutive, longboard, je vous laisse aller sur le site ou sur notre page Facebook.

Les planches sont plus lourdes, mais vraiment pas tant que ça. De toute façon, il n’est pas question de concurrencer les qualités techniques actuelles demandées pour un thruster de compet. Sans rentrer dans le détail de qui surf avec quoi et de voir le résultat, hum, hum… Je me suis fait un custom que j’utilise comme un thruster (ma dernière en PU était faite par Johan Cleancut, une Flyer), cette planche est vraiment excellente, et toute la panoplie des trucs que je sais faire, je le fais avec donc, pour moi, y a pas photo.

Par contre elle est bien plus solide aux impacts et en règle générale grâce à l’epoxy au lieu du polyestère/PU. Et pour le « bourreur » de boards que je suis, c’est pas du luxe ! A moi les shore break !

Reste toujours à améliorer, les shapes, les glassages, toute les choses qui demandent plus d’expérience, mais on y travaille sans relâche. C’est sûr que l’on ne fera pas de planches « déco » aussi belle que Gary Linden ou autre, ce n’est pas notre but, nous n’avons pas le nom, l’expérience, et l’époxy ne nous permet pas un fini comme demandé par les collectionneurs. Moi, je veux des planches pour surfer !

Certains sceptiques diront : « des planches écologiques avec du bois d’équateur… », qu’en penses-tu ?
Pour le bilan CO2, le fait que ce soit du bois et du lin, compense un peu le trajet Ecuador/Espagne. De plus, si l’on compare avec les autres pains de mousse, ils viennent aussi du Brésil, Afrique du sud, Chine, etc… et la Fibre, de Thailande, et la résine de je ne sais pas où… Donc cet argument de l’exploitation du bois et du trajet, je pense que c’est un peu de la mauvaise foi. Et encore plus pour ceux adeptes des voyages en Indo, Hawaï et le tow in et blah blah blah, ou les bananes, le café, etc…Vous voyez bien ce que je veux dire.

Je pense avoir le droit de dire d’après tous les éléments que je viens de vous donner sur les matériaux et les conditions, que l’on fait quelque chose de pas trop mal au niveau environnement.

On ne révolutionne rien, on ne prend la place de personne, on propose juste une offre différente, pour ceux que cela intéresse. Certains sont carrément contre nous sur un plan idéologique, les anti-écolo, les « café du commerce», ceux qui ne jurent que par la résine, la course à la techno, etc, etc… Mais y a pas à s’inquiéter, on ne vendra jamais autant que Stark, hi hi hi !!!

Tu reviens avec tes planches sur la côte Basque, selon toi qu’en pensent les « locaux » ?
Sur l’aspect shaper local, je ne sais pas, je n’ai quasiment fait faire mes planches que par  Johan, Stark, PSM, Minvielle, donc, je sais pas trop… Bien sûr que je préfère que mes potes vivent de leur passion, mais y a la réalité (cf, provenance des matériaux, toxicité…). Par rapport à des grosses boites, c’est plus que d’accord, d’abord les potes ! Qui sont souvent de très bon shapers d’ailleurs. Mais par rapport à nous, nous ne sommes pas en réelle concurrence, et puis merde, je suis local moi aussi ;D !!

Je crois que j’ai tout dit, ou pas loin, le plus simple maintenant, c’est de venir voir, toucher, tester et vous faire votre propre idée ! Je vous donne rendez-vous du 12 au 20 juin sur Anglet !

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