Une digue à la Mouss’ ?

mercredi 7 juillet 2010 à 20:56 | Publié dans protection environnement | Un commentaire
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Un article paru dans la presse locale fait état de la construction d’une digue dans le prolongement de la Côte des Basques à Biarritz, au niveau de la vague de la Mouscariette.
Légitimement, plusieurs surfeurs se sont immédiatement inquiétés de la possible disparition de la vague avec la réalisation de l’ouvrage. Gilles Asenjo, Président de Surfrider… et surfeur de la Mouss’ depuis de longues années a mené l’enquête. Trois questions à l’intéressé pour en savoir un peu plus.

L’article du quotidien Sud Ouest évoque la construction d’une digue longue de 250 m qui s’avance en mer. Pourquoi faire ?
Une digue de 250 m qui s’avance en mer, il y a de quoi s’inquiéter… Très étonné de découvrir ça dans la presse, j’ai eu l’occasion d’en parler directement avec le Maire de Biarritz. Le terme de digue est impropre, il s’agit en fait de la dernière tranche de travaux de confortement du pied la falaise qui surplombe la plage, de la Côte des Basques jusqu’à Marbella. L’enrochement sera parallèle à la plage, et non perpendiculaire, comme il l’est déjà sur le reste de la plage. Le chiffre de 250 m correspond à la distance séparant la fin des enrochements de la CDB de ceux de Marbella. Le gros titre, la photo, et le contenu de l’article ont sans doute prétés à confusion.

Le confortement de ces falaises est une nécessité, et il a commencé il y a de nombreuses années déjà. On s’est juste habitués à la situation actuelle, en oubliant qu’auparavant aucun aménagement n’existait au-delà de l’Établissement des Bains de la CDB, juste une falaise sauvage (ça a son charme…) avec à son sommet des maisons qui s’effondraient au fil des éboulements intempestifs. J’ai été témoin direct, depuis la Mouscariette justement, de certains d’entre eux, ça aussi, ça inquiète! La sécurité prime, mais il faut savoir aussi que sans ces aménagements il n’y aurait pas plus de « Casetas » que de « Roxy Jam » (pour ceux que cela intéresse) et la descente à la plage depuis le square se ferait toujours en rappel…

Quels peuvent être les conséquences de tels travaux sur la vague de la Mous’ ?
La « spotologie » n’est pas une science exacte, et il me paraît difficile de tout anticiper. Je n’ai pas de réponse ferme, mais je peux livrer quelques éléments :

– Lors des travaux précédents, on a tous craint plus ou moins la disparition de vagues le long de ce qu’on appelle « Les 100 Marches », soit le sud de la CDB. Il n’en a rien été, les bancs de sable se sont déplacés, continuent à le faire et à nous envoyer régulièrement des vagues (voir la photo ci-dessus).

– L’ampleur de l’érosion est telle que quand j’ai commencé à surfer la Mouss’ (en 1973-1974, ça aussi ça fait peur…) je pense que la falaise s’avançait jusqu’à l’endroit où aujourd’hui on va déposer les enrochements. Vous voyez où je veux, ou aimerais, en venir…

– La seule certitude, c’est que pour surfer à la Mouss’ après les travaux, la mise à l’eau, et encore plus la sortie, seront bien plus compliquées que maintenant. « À l’époque », c’était d’ailleurs bien casse-gueule d’aller surfer là-bas !

Serait-ce le prix à payer pour retrouver peut-être une Mouss’ qui, vous vous en doutez bien sûr, « marchait mieux avant » ? C’est la version optimiste que je préfère imaginer aujourd’hui, qu’en sera-t’il vraiment, difficile de s’avancer.

Question surf, il est comment ce spot ?
La Mouscariette désigne une langue de rochers naturels qui commencent sur la plage et finissent à environ 300m au large, à l’extrême sud de la CDB. Ces rochers ont déjà un effet amplificateur de houle, mais en fait ils attirent, font et défont autour d’eux des bancs de sable qui crée la vague de la Mouss’ telle qu’on la connaît, pic ou multi-pics puissants et creux. Lorsque la vague double ou réunit deux pics, ça envoie, et beaucoup plus que toute vague voisine.

Mais cette vague est, disons… capricieuse :

– Elle ne marche qu’en été, et disparaît donc tous les ans à l’automne. D’ailleurs aujourd’hui 7 juillet, on peut quasiment dire qu’elle n’a pas encore commencé sa saison !
– Elle ne marche qu’à partir d’une certaine quantité d’eau au-dessus des rochers, il faut donc une marée suffisamment haute, un coefficient pas trop faible (ni trop fort sinon tu ne surfes que 40 minutes…).
– Il faut bien évidemment du swell, mais pas trop parce que sinon… ça sature!
– Parfois, mais c’est un épi-phénomène, on peut surfer au large de la Mouss à marée basse, c’est la « Grande Mouss » mais les conditions sont encore plus compliquées à réunir…
– C’est la galère pour s’y rendre : soit tu rames 20 min depuis Marbella ou la CDB, soit tu te brûles les pieds (et oui, c’est l’été) à marcher sur des rochers ou de l’argile surchauffée, et s’il a plu récemment c’est le bain de boue.
– C’est la galère pour en sortir : ben oui, c’est marée haute et les coeffs sont trop grands, t’étais prévenu pourtant…

Tout surfer lisant cela l’aura compris :
La Mouss, c’est peut-être pas un spot World-Class, mais en tout cas c’est un spot Culte, avec un grand C !

Un commentaire »

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  1. je me souvien de mon premier surf à la mouss , jeanno la bruch et assane dechirai le spot , les jeunes biarrots on tou appris sur cette vagues … j’espere que mère nature nous pardonneras d’avoir prostitué le seul spot exploitable de biarritz en nous laissan un petit banc de sable quelques part …


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