Polémique à Biarritz

mardi 31 janvier 2012 à 13:32 | Publié dans information générale, pollution | 6 commentaires
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Ces jours derniers, une photo et un article publiés sur le site internet Surf Prévention sous le titre Pollution hivernale en bord de mer ont suscité de nombreux commentaires indignés et agressifs sur les réseaux sociaux. On y voit un véhicule municipal en train de vider sa cuve en bordure de la Grande Plage de Biarritz, le contenu rejoignant rapidement le sable. A propos de la photo, l’article parle de liquide non identifié mais suspect et de pollution avant de s’intéresser dans une deuxième partie à la nocivité des produits chimiques en général et à leur présence dans les eaux de baignade.

Nous avons transmis la photo à Christophe Landrin, Directeur des Services Technique de la Ville de Biarritz, en l’interrogeant sur la qualité du liquide qui s’échappe de la cuve, voici sa réponse :

« Depuis toujours le quai est une surface étanche en pierre sur laquelle l’eau de pluie ruisselle. Depuis l’origine, la pente du quai est orientée naturellement vers le sable, histoire d’éviter les rétentions d’eau et les inondations des bâtiments voisins. Nous connaissons bien ces données et mettons donc en œuvre deux moyens d’entretien de ce trottoir urbain très fréquenté et qui subit les agressions habituelles d’un site urbain majeur :

– Un nettoyage quotidien par une laveuse aspiratrice (qui n’est pas sur la photo), elles lave et aspire en même temps. Cette machine ne peut nettoyer que des surfaces planes et sans sable et ramasser le cas échéant des petits papiers et mégots. Les volumes aspirés sont renvoyés dans le réseau d’assainissement pour être traités à la station d’épuration.
– En cas de présence de sable, nous intervenons avec des engins équipés de lames de déneigement pour rassembler ce sable, le charger et l’évacuer. Une fois cette opération réalisée, nous rinçons le quai à grande eau avec une arroseuse de voirie (véhicule de la photo). L’eau utilisée est une eau naturelle qui provient de notre captage souterrain du lavoir Foch (et qui sert par ailleurs pour toutes les voies de Biarritz) sans aucun produit complémentaire, ce qui lui confère une qualité meilleure que celle de l’eau de pluie !

Il eut été intéressant que le relais de l’information partielle que constitue une photo et son jugement approximatif, soit accompagné d’un commentaire renseigné, factuel et complet du fonctionnement d’une collectivité qui ne peut faire n’importe quoi quand elle est certifiée sur sa méthode de gestion de la qualité des eaux de baignades. Si la plage est le quotidien des surfeurs, le souci légitime des défenseurs de l’environnement, elle est aussi l’une de nos préoccupations essentielles et quotidiennes, nous qui avons la charge de l’entretenir et de la proposer aussi propre que possible aux usagers quels qu’ils soient. En espérant que ces informations permettront l’arrêt des divagations des uns et des autres. »

Profitons de la fin de cette polémique pour lancer une réflexion plus globale sur l’entretien de l’espace public et l’utilisation de produits phyto-sanitaires dans les communes du littoral. Lors du Grenelle de l’Environnement, l’Etat a lancé le plan Ecophyto 2018 qui prévoit la réduction de 50% de l’usage des pesticides et engrais chimiques dans l’agriculture et les zones vertes non-agricoles (parc et jardins municipaux) à l’horizon 2018. Qu’en est-il sur la Côte Basque ? Nous allons poser la question aux acteurs concernés. Si vous avez des informations ou des conseils, n’hésitez-pas à les poster dans les commentaires.

Il existe d’ores et déjà quelques documents de référence que l’on peut consulter :
Objectif «zéro phtyo» dans les espaces verts, un guide méthodologique pour les communes du Val-d’Oise
Guide des alternatives au désherbage chimique, Federec Bretagne
Guide méthodologique de la gestion différenciée, CAUE de la Vendée

6 commentaires »

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  1. Que dire des bouteilles vides en plastique qui s’ammoncellent sur nos plages landaises (Mimizan)? manifestement ces bouteilles viennent d’Espagne, les étiquelttes ne laissent aucun doute à ce sujet. Existe-t-il toujours des décharges « sauvages » de déchets en mer chez nos voisins espagnols?

    • A notre connaissance il n’y a pas plus de décharges sauvages en Espagne qu’en France en 2012. Les lois européennes s’appliquent de la même manière ici et là-bas et l’effondrement en mer de la décharge de la Corogne en Galice date de 2002.
      Les déchets en mer sont à 10 % abandonnés sur le littoral dans les ports et plages, à 10 % jetés directement en mer par des plaisanciers ou des pécheurs… et à 80 % originaires des terres ! Pour donner un exemple, pensons à la bouteille plastique jetée par la fenêtre d’un véhicule qui rejoint le fossé, puis un ruisseau, une rivière, un fleuve et enfin termine sa course dans l’océan.

      Pour en revenir à l’Espagne, il existe un courant naturel qui longe le Portugal et le Nord de l’Espagne avant de remonter le long des Côtes françaises. C’est pour cela qu’on trouvera toujours des déchets espagnols sur les plages basco-landaises. A propos de la courantologie régionale, vous pouvez lire la fin de cet article : https://surfrider64.com/2010/11/05/biomedias-en-cantabrie

  2. Mais plus que nos plages biarrotes, c’est le site « surf prévention » qui est une vraie poubelle, toujours en recherche de sensationnel et prêt à tout pour décrédibiliser la Ville (exemple de Biarritz Océan).

    • Nous publions votre commentaire par respect de la diversité des opinions, mais nous n’approuvons pas votre point de vue. Sur bien des sujets, Surf Prévention est une source d’information pertinente et de qualité.

  3. Bonjour,
    Puisque vous avez l’oreille de Christophe Landrin, pourriez vous lui demander comment il accepte que depuis la création du golf intercommunal d’Ilbarritz en 1988, l’eau qui sert à laver, 365 j /an, les tondeuses qui oeuvrent au milieu des engrais et autres produits phytosanitaires aillent directement, sans aucun filtre, dans le ruisseau Lamoulie et donc sur la plage d’Ilbarritz ? Depuis 15 ans, on me répond qu’une zone de lavage (coût: qq centaines d’euros) est en projet mais rien ne vient !

  4. Merci de vous intéresser à cette question et d’élargir le débat.

    Voici la réponse publiée sur le blog Surf Prévention sur l’usage de produits chimiques et la canalisation des eaux de ruissellement et de nettoyage en bord de mer : http://blog.surf-prevention.com/2012/01/31/eaux-de-ruissellement-et-de-nettoyage-plage/


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