Un nettoyage en profondeur à Socoa

lundi 6 juin 2016 à 20:12 | Publié dans actions antenne 64 | Un commentaire

Samedi 04 juin, le CODEP (Comité Départemental) Pyrénées Atlantiques a, comme chaque année, rassemblé tous les clubs de plongée du 64 pour un nettoyage « en profondeur » de la baie de Saint-Jean-de-Luz.

C’est au pied du fort de Socoa, dans les locaux du club Pau Océan, que les bénévoles de Surfrider se sont retrouvés avec une cinquantaine de plongeurs pour partager ce moment convivial autour d’une action utile.

plongeurs

En une petite heure de plongée, le but était de nettoyer une partie de la baie de St-Jean.
Le CODEP ayant fourni à chaque club des filets, épuisettes et parachutes de relevage afin de collecter les détritus, ceux-ci furent ensuite rassemblés près du stand commun CODEP et Surfrider au pied de la tour de Socoa.

Dans le lot, une batterie, des bouts de barques, des lunettes de soleil, des bouteilles en verre et beaucoup de métal. En raison d’autres déchets aperçus en fin de plongée, un deuxième rendez-vous sera sans doute fixé à la fin de l’été pour nettoyer cette zone. La matinée s’est terminée par un apéritif et un casse‐croûte offerts par le CODEP et le Club Pau Océan afin de remercier tout le monde et fêter les 60 ans du club de plongée de Pau.

Pour une protection de l’Océan plus ambitieuse

Pendant la collecte, notre antenne Surfrider Côte Basque a tenu un stand de sensibilisation à la pollution, proposant des solutions alternatives au tout plastique et tout jetable. Nous avons également relayé la pétition du CODEP (ici) pour la création d’une réserve intégrale au sein de l’Aire Marine Protégé (AMP) du Littoral Basque.

Les Aires Marines Protégées avec réserve « intégrale » ont fait leurs preuves à travers le monde, satisfaisant les pêcheurs comme les scientifiques. Alors que l’AMP Pays Basque existe, la résistance de certains acteurs locaux, pour ne pas dire un refus catégorique d’aborder le sujet d’une réserve, bloque aujourd’hui le processus.

Rappelons qu’une réserve intégrale est une zone très réduite, où toute activité humaine – à part scientifique – est interdite. Le but est de permettre aux poissons de se reproduire et de reconstituer peu à peu les réserves halieutiques. Le CODEP 64 propose la zone des Briquets au nord des Jumeaux d’Hendaye, puisque les fonds rocheux y rendent la pêche difficile et que c’est sans doute pourquoi la faune locale a pris l’habitude de s’y reproduire. Ainsi ne resterait qu’à avaliser ce qui est déjà un état de fait.

Rien n’est si simple, en premier lieu avec les pêcheurs, qui ne voient dans cette réserve qu’une contrainte de plus, mais aussi avec les politiques qui ne veulent pas se les mettre à dos.

Un Monde, pas un stock !

La pêche, au même rang que d’autres secteurs de l’économie, est devenue très méfiante. Les petites flottes essaient de survivre entre réglementations, quotas et bateaux de pêche industrielle (responsables des vraies ravages), ce sont des professionnels à fleur de peau qui n’acceptent que difficilement de nouvelles réglementations.

Pourtant, aucune activité économique (agricole, pétrolière, minière etc…) ne devrait décider seule du destin de ce que l’on considère encore trop souvent comme des « ressources naturelles ». Un dangereux terme qui réduit la nature à un stock dans lequel on n’aurait qu’à se servir. Alors que la pénurie menace ou frappe déjà des pans entiers de l’économie – dont la pêche – il est temps d’arrêter de considérer les écosystèmes comme une liste de courses et de bien garder le mot « durable » en tête.

En alliant le convivial à l’utile, cette matinée de collecte de déchets en compagnie de plongeurs a permis de rappeler que les générations futures n’ont pas fini de payer les conséquences de nos modes de vie. Il est évident que désormais c’est dans l’échange, le partage d’expertises et les actions communes que nous avancerons et qu’il faut maintenir le dialogue malgré les à priori et les différences d’opinions, car personne en particulier n’est propriétaire de notre monde, nous le sommes tous collectivement.

récolte déchets

Pour aller plus loin :

La page Facebook dédiée à la réserve marine Basque : ici

Le rapport de l’agence des AMP : ici

Un rapport du bilan environnemental pour les AMP : ici

Un article sur l’impact des AMP : ici

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  1. […] Comme l’année dernière, nous tenions un stand samedi 4 juin 2017 à Socoa aux côtés du Comité Départemental de Plongée 64 (CODEP 64) qui invitait à un rassemblement de bateaux et de plongeurs de tous les clubs du département à un nettoyage du port de l’ensemble des déchets accumulés sur terre et au fond. A l’aide de de filets, d’épuisettes et de parachutes de relevage, une vingtaine de plongeurs se sont relayés toute la journée selon la méthode du ramassage en « pâquerette » : il s’agit d’aller aller au large, de collecter, derevenir déposer et de repartir en modifiant légèrement sa direction. Une méthode efficace pour ratisser au mieux les fonds marins. Ils ont ramenés des emballages de produits ménagers, des pneus, des restes d’engins pyrotechniques (pollution récurrente et déjà dénoncée) , des chaussures, des lunettes, la liste est longue… […]


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