Réaménagement de la plage Marbella, qu’en pense Surfrider ?

dimanche 10 septembre 2017 à 11:13 | Publié dans actions antenne 64, Marbella | 5 commentaires
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Les enjeux partagés : Conforter la falaise et aménager la plage de Marbella.

Suite à la diffusion dans la presse au mois de juin 2017 d’une image du projet d’aménagement de la falaise et de la plage de Marbella, de nombreuses personnes se sont inquiétées des conséquences qu’il pourrait avoir sur la dernière plage naturelle restant accessible à marée haute à Biarritz.

marbella_Biarritz

La représentation graphique, finalement jugée « maladroite » par la mairie, montrait un aménagement lourd empiétant largement sur la plage et favorisant l’organisation du chantier autour d’une rampe d’accès camions, au détriment des équilibres naturels du site. La situation était d’autant plus préoccupante qu’elle intervient sur un site qui a déjà vu disparaître, il y a quelques années, le spot du mousse au sud des 100 marches.

Le projet est Lancé dès 2014 faisant partie intégrante de la plupart des programmes des candidats à la mairie de Biarritz, partageant tous la nécessité d’intervenir sur la falaise. Peu de discutions sont alors engagées et peu de publicité est faite sur les différents scenarii envisagés, malgré l’annonce d’une période de concertation et un affichage en mairie.

Cette partie du littoral laissée volontairement sauvage, sans aménagement particulier, évolue naturellement et illustre parfaitement aujourd’hui les conséquences du retrait naturel de trait de côte dans une zone devenue aujourd’hui fortement urbanisée.

Le mouvement de protestation se structure rapidement dès le mois de juillet 2017 autour de deux revendications : un projet moins invasif pour la plage et un accès aux différentes études et propositions d’aménagement. Suite au refus de la mairie dans un premier temps de communiquer plus sur le projet, les collectifs Sauvons Marbella et SOS Biarritz s’associent à Surfrider Foundation dans une lettre officielle signifiant le manque de communication sur ce projet. La mairie décide finalement de revoir la proposition.

Un scenario moins invasif

Biarritz revient finalement à un scénario d’aménagement articulé entre une intervention plus douce s’appuyant sur les ouvrages existants et un reprofilage complet de la falaise par talus végétalisés. Ce scénario intermédiaire semble répondre aux enjeux de consolidation de la falaise tout en minimisant l’impact sur la plage en pieds de falaise.
La proposition est également plus cohérente avec les attentes de l’Etat vis-à-vis d’un site naturel classé non constructible. Enfin, les inquiétudes de l’institut Thalmare quant à la préservation de la qualité des eaux de pompage pour les soins sont mieux pris en compte. L’institut représente aujourd’hui environ 70 emplois.

Des questions subsistent

Un certain nombre de questions subsistent et il appartiendra au développement du nouveau projet d’y répondre. Et en premier lieu il est étonnant que le scénario le plus simple et pourtant le plus ambitieux en termes d’impact écologique n’ait pas été choisi en premier lieu.

Quelle cohérence d’ensemble sur l’aménagement des falaises de Biarritz?

L’aménagement de la falaise de Marbella est la première séquence d’un projet global de restructuration de toute la côte sud de Biarritz depuis la villa Belza jusqu’à la Milady. Il semble pertinent de travailler sur une cohérence urbaine de l’ensemble des séquences et de l’équilibre écologique général d’une partie de la côte déjà fortement agressée par une urbanisation mal maîtrisée dans le passé. Le « sentier des douaniers » en haut de falaise a aujourd’hui disparu entre des propriétés privées d’un côté et une falaise fragilisée de l’autre. Retrouver l’accessibilité à cette continuité semble également devenir un enjeu d’accessibilité interessant à l’échelle du site.

Conforter la solution de digue de pieds de falaise ?

Quant au traitement bas de la falaise, une digue permettra d’organiser la contention des matériaux provenant de l’érosion de la falaise, évitant ainsi la contamination des eaux de baignade et de pompage (ce qui cependant ne semble pas poser de problème à Bidart). Un enrochement technique de cette digue à pente faible permet d’autre part de protéger celle-ci des tempêtes et limite l’action abrasive des marées. Cependant, nous savons que les éléments de protection dits maçonnés et les digues en particuliers sont à long termes catastrophiques pour l’érosion des plages, répercutant la puissance de la houle directement sur l’effet de sussions des sédiments légers entrainant le sable fin des plages vers le large. Nous savons également que la meilleure protection possible de pieds de falaise est une grande plage qui permet d’absorber complètement l’énergie des houles tant que celle-ci n’est pas totalement submergée. Les services de la mairie de Biarritz semblent aujourd’hui mieux appréhender ces enjeux et mettront en place un système de caméra pour surveiller l’évolution dans le temps des plages. Peut-on aujourd’hui commencer à parler d’une véritable stratégie de préservation du sable sur la côte ? Il reste qu’une appréhension solide et dès l’amont des enjeux, risques et conséquences des aménagements renforcerait les possibilités de résilience littorale : la digue est-elle toujours aujourd’hui la seule solution?

Quelle sera demain l’accessibilité des plages ?

Un autre sujet de préoccupation réside dans la stratégie de gestion des accessibilités et en particulier la gestion de flux automobiles. Il y a quelques années un dossier « Gardiens de la Côte » avait été lancé par Surfrider Foundation sur la proposition de construire un parking public enterré au niveau de la Côte des Basques. Le projet avait alors très judicieusement été abandonné. Avec les aménagements qui nous sont présentés aujourd’hui sur la Côte des Basques ainsi que ceux de la plateforme de Marbella, le nombre des places de stationnement semble diminuer dans un premier temps de manière drastique. Comment et à quel endroit la ville s’apprête-t-elle à reporter ces stationnements ? Quelle stratégie sera mis en place pour limiter la pollution due aux voitures tout en préservant l’accessibilité à la plage, pour les usagers et les surfeurs en particulier?

Anticiper les risques à long terme ?

Enfin, le document sur la stratégie du trait de côte de l’agglomération Côte Basque a également été évoquée au cours de la réunion. Une stratégie de gestion et d’anticipation de l’érosion des côtes a été étudiée afin de préserver l’attractivité du littoral jusqu’en 2043. Cette étude a été menée en concertation avec le GIP littoral aquitain, le BRGM, la DDTM, le conseil général et les services techniques des communes concernées. Elle préconise de suivre des stratégies adaptées à chaque contexte afin de gérer au mieux l’avenir de notre côte.

Outre le fait qu’aucune association n’ait été invitée dans les débats jusqu’à la présentation finale du document, il apparaît que cette étude budgétise prêt de 85 millions d’euros jusqu’en 2043 pour aménager et mettre en place une stratégie à long terme de protection du littoral de l’agglomération.

Nous sommes également très attachés aux différentes temporalités de l’action de protection du littoral. Notons d’ailleurs que cette temporalité va bien au-delà des échéances électorales et que les mandatures d’aujourd’hui ont la responsabilité d’anticiper les risques de demain et de proposer le cas échéant des aménagements durables. Dans ce contexte, au-delà, des aménagements d’urgence d’une falaise qui s’écroule, comment peut-on aujourd’hui anticiper les aléas de demain ?

Surfrider Foundation est une force de proposition
et un support solide de concertation et de communication

C’est dans ce cadre que Surfrider Foundation entend garder un rapport de travail constructif sur les politiques d’aménagement du littoral à Biarritz, sur le territoire de l’agglomération et sur l’ensemble de la côte basque. Association de protection de l’environnement engagée et agréée, nous accompagnons depuis longtemps les collectivités et les citoyens dans leurs initiatives pour améliorer l’environnement sur nos côtes. Non partisane et apolitique, notre engagement pour l’océan est la seule base de notre activisme et le ciment de nos adhérents et bénévoles. C’est également leur voix que nous portons sur ces dossiers et toutes leurs ambitions pour un avenir plus respectueux de l’environnement. L’avenir de nos enfants se joue maintenant !

Nous invitons la ville de Biarritz et les autres collectivités à nous solliciter pour venir accompagner leurs projets.

Forte de notre représentativité, d’un réseau conséquent et d’une compétence technique grandissante, nous nous engageons sur des dossiers d’aménagement du littoral qui dessinent aujourd’hui les enjeux de demain. Afin de garder un rôle d’accompagnement des projets tout en alertant sur des sujets importants, nous proposons régulièrement aux élus et aux différents services des collectivités de participer aux discutions pour orienter les propositions et stratégies vers un développement durable et une acceptabilité forte.
C’est en cela que nous relançons notre appel à participer aux discutions et au suivi du projet d’aménagement impactant la qualité du littoral, et Marbella tout particulièrement.

L’intelligence locale

Pour conclure, il est temps aujourd’hui de changer de paradigme et de se tourner vers les différents acteurs de projets. Transcender le « Genius loci » grâce à « l’intelligence locale » pour trouver un nouveau regard transversal. Les projets d’aménagement des territoires littoraux sont aujourd’hui d’une grande complexité, devant ménager à la fois un véritable impératif de préservation des équilibres naturels en place et un nécessaire développement économique et touristique. La notion de risque physique prend ainsi en compte la nécessité d’appréhender les spécificités sociales, culturelles et la dimension temporelle de l’aléa. Ces sujets de plus en plus complexes nécéssitent de solliciter de plus en plus d’acteurs spécifiques à chaque thématique et d’animer des échanges structurés et coopératifs.

Surfrider Foundation et l’antenne Côte-Basque continueront de suivre et d’accompagner le projet de Marbella et plus globalement le projet d’aménagement de l’ensemble de la côte sud de Biarritz à travers le dispositif « Gardiens de la Côte ». Nous souhaitons que notre appel à une démocratie participative constructive soit entendu et mis au service des territoires, des littoraux et des usagers.

5 commentaires »

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  1. N’oubliez pas non plus que ces enrochements signifient utilisations massives de géotextiles plastiques… Notre littoral érodé est plastifié pour le court terme des prochaines élections. Ces matériaux à l’aspect de tissu ou de grillage (polyethylene & polypropylene) ne passent pas une décennie sans finir fragmenté : une belle usine à microplastiques sur le rivage ! https://drive.google.com/file/d/0BzqcGNBtrBGKQkwyV0padVZDTmc/view?usp=sharing

  2. Je ne comprends pas ceci « …Quant au traitement bas de la falaise, une digue permettra d’organiser la contention des matériaux provenant de l’érosion de la falaise, évitant ainsi la contamination des eaux de baignade et de pompage (ce qui cependant ne semble pas poser de problème à Bidart)… ». Quel lien entre cette digue et la pollution des eaux de baignade ?

  3. Pour ce qui est du parking, l’Association de Défense de la Côte des Basques qui avait soulevé le problème d’un parking dans la falaise de Beaurivage, propose d’agrandir l’aire de stationnement située entre l’institut Thalmar et les Serres de la Milady. Ce terrain appartient à une banque et est inconstructible car se trouvant dans l’axe de la piste de l’aéroport. Le percement d’étages en souterrain ne devrait pas poser de problème. Cette création permettrait d’arrêter les voitures venant de Bidart et les usagers du parking pourraient rejoindre le centre-ville et la Côte des basques en empruntant les navettes gratuites qui circulent à cet endroit.

    • L’érosion est continue comme les dépenses publiques pour ces constructions idiotes et prétentieuses… Quand vous construisez / achetez au bord d’une rivière, d’un fleuve ou de la Mer, l’eau est un risque connu que vous avez mesuré et accepté. (image précédente dans le village de Criel-sur-mer (76) et la suivante dans le village d’Ault (80). http://img.over-blog-kiwi.com/0/95/30/84/20160821/ob_6e3a36_saletempspourlaplane-preview.jpg Un autre village menacé : Wimereux (62) etc… Des cas d’écoles partout en France, résolus à courts termes, à grands renforts de Géosynthétiques (PLASTIQUE), d’enrochements avec ou sans palplanches, de béton, de ferraille, de bitume… Si on mettait autant d’argent pour égayer le cadre de vie dégueulasse des grands immeubles HLM au lieu de celui des nantis volontairement imprudents ?

  4. On peut pas lutter contre la Mer… https://static.actu.fr/uploads/2017/01/IMG_3805.JPG


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