Uramap, c’est parti et on vous attend!

dimanche 12 juin 2016 à 21:54 | Publié dans actions antenne 64, écologie, décharges, information générale, innovation, pollution, protection environnement, qualité eau, Uramap | Laisser un commentaire

Samedi 11 juin 2016, à l’occasion de la journée mondiale des Océans, nous étions auprès de Bizi!, Itsas Arima, Pose ta graine, et Ur Tipula pour présenter URAMAP : le collectif d’associations, la carte participative et les actions pour lutter TOUS ENSEMBLE contre les pollutions qui impactent notre territoire.

Uramap , c’est un collectif qui se développe et agit avec l’aide d’une carte interactive hébergée sur le site internet www.uramap.net. L’outil est participatif et public. Il permet de localiser, d’identifier, de médiatiser, d’alerter les pouvoirs publics, dans le but que les pollutions soient supprimées. Il permettra aussi, la mise en place d’autres actions citoyennes.

Les journalistes de la presse, la TV et la radio étaient au rendez vous et ce moment d’échange a révélé la cohérence et l’énorme potentiel de ce projet, qui a besoin aussi de vous !

Rejoignez nous sur www.uramap.net et sur le groupe facebook.

Risque de pollution accru à Hendaye

lundi 6 juin 2016 à 23:22 | Publié dans actions antenne 64, pollution | Laisser un commentaire
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Signalée comme problématique sur la carte participative des pollutions Uramap, la station d’épuration Armatonde (dite aussi des Jumeaux) à Hendaye connait une avarie qui la place de fait hors la loi. L’émissaire qui rejette les eaux traitées dans l’océan a cédé le 10 avril et diffuse maintenant directement dans la falaise à plusieurs dizaines de mètres du rivage (et à près de 100m du niveau de l’eau à marée basse), donc très très loin de ce qu’impose l’article relatif au Rejet des effluents traités des stations d’épuration de la loi française : l’exutoire doit se trouver sous l’eau quelle que soit la marée.

Rencontrés au mois de janvier (lire l’article), le maire d’Hendaye, Kotte Ecenarro et le responsable chargé de l’assainissement à l’agglomération Sud Pays Basque, reconnaissaient la vétusté de la station et la possibilité de rejet d’eau non traité dans l’environnement.

En effet, même s’il existe deux dispositifs pour stocker et réguler les effluents en amont, en cas de pluie intense conduisant à des débits supérieurs à la capacité d’acceptation de l’installation, des débordements ont lieu au niveau du trop plein du bassin Héliomarin vers le ruisseau rejoignant directement la plage, ou par le trop plein du bassin tampon situé en tête de la station qui rejoint l’émissaire des Deux Jumeaux.

Le risque de pollution est donc avéré et a un impact sur la faune et la flore locale. D’autant que, situé à quelques dizaines de mètres de l’espace réservé des Jumeaux, le site accueille de très nombreux goélands qui nichent sur les rochers et viennent se nourrir sur place.

Ajoutons à cela que des eaux non traitées favorisent le phénomène d’eutrophisation, caractérisé par le développement d’algues invasives qui prolifèrent dans les milieux riches en azote et en phosphates.

Si les surfeurs qui fréquentent le spot des Jumeaux peuvent être directement impactés, il y a nettement moins de risque pour les baigneurs sur la plage : la ville d’Hendaye fait réaliser des prélèvement quotidiens au niveau du centre héliomarin (de l’ancien casino et de Sokoburu) et prononce des interdictions temporaires de baignade en cas de besoin.

Malheureusement, les rejets à l’air libre vont se poursuivre pendant de longs mois. Etant donné l’état général de vétusté de l’émissaire, l’idée de le réparer a été abandonné.

Il faudra attendre la validation du projet de réhabilitation complète de la station à l’automne 2016, puis le début des travaux pendant l’année 2017 pour que tout rentre dans l’ordre. Un budget de 2 millions d’euros pour l’émissaire et de 5 millions d’euros pour la station est d’ores et déjà prévu.

Concernant l’émissaire, trois solutions avaient été initialement envisagé :
– le confortement : l’idée a fait long feu, l’émissaire a cédé.
– la réhabilitation avec la difficulté de faire des travaux sur le domaine classé d’Abbadia que traverse l’édifice.
– la réalisation d’un nouvel ouvrage par forage souterrain depuis la station et jusqu’à un point situé loin dans l’océan pour respecter les normes de rejet et de dilution.

Si la volonté de la commune et de l’agglomération de gérer activement le problème de cette station d’épuration est évidente, on ne peut que regretter – une fois de plus – qu’il faille attendre que l’installation dis-fonctionne pour trouver des solutions.

Il va falloir 12 à 24 mois pour que l’émissaire cesse de cracher dans la falaise, c’est inacceptable…

Pour suivre l’historique de ce point de pollution, reportez-vous à la carte Uramap

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Photos : © Jean-Pierre Le Luzien

 

Un nettoyage en profondeur à Socoa

lundi 6 juin 2016 à 20:12 | Publié dans actions antenne 64 | Un commentaire

Samedi 04 juin, le CODEP (Comité Départemental) Pyrénées Atlantiques a, comme chaque année, rassemblé tous les clubs de plongée du 64 pour un nettoyage « en profondeur » de la baie de Saint-Jean-de-Luz.

C’est au pied du fort de Socoa, dans les locaux du club Pau Océan, que les bénévoles de Surfrider se sont retrouvés avec une cinquantaine de plongeurs pour partager ce moment convivial autour d’une action utile.

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En une petite heure de plongée, le but était de nettoyer une partie de la baie de St-Jean.
Le CODEP ayant fourni à chaque club des filets, épuisettes et parachutes de relevage afin de collecter les détritus, ceux-ci furent ensuite rassemblés près du stand commun CODEP et Surfrider au pied de la tour de Socoa.

Dans le lot, une batterie, des bouts de barques, des lunettes de soleil, des bouteilles en verre et beaucoup de métal. En raison d’autres déchets aperçus en fin de plongée, un deuxième rendez-vous sera sans doute fixé à la fin de l’été pour nettoyer cette zone. La matinée s’est terminée par un apéritif et un casse‐croûte offerts par le CODEP et le Club Pau Océan afin de remercier tout le monde et fêter les 60 ans du club de plongée de Pau.

Pour une protection de l’Océan plus ambitieuse

Pendant la collecte, notre antenne Surfrider Côte Basque a tenu un stand de sensibilisation à la pollution, proposant des solutions alternatives au tout plastique et tout jetable. Nous avons également relayé la pétition du CODEP (ici) pour la création d’une réserve intégrale au sein de l’Aire Marine Protégé (AMP) du Littoral Basque.

Les Aires Marines Protégées avec réserve « intégrale » ont fait leurs preuves à travers le monde, satisfaisant les pêcheurs comme les scientifiques. Alors que l’AMP Pays Basque existe, la résistance de certains acteurs locaux, pour ne pas dire un refus catégorique d’aborder le sujet d’une réserve, bloque aujourd’hui le processus.

Rappelons qu’une réserve intégrale est une zone très réduite, où toute activité humaine – à part scientifique – est interdite. Le but est de permettre aux poissons de se reproduire et de reconstituer peu à peu les réserves halieutiques. Le CODEP 64 propose la zone des Briquets au nord des Jumeaux d’Hendaye, puisque les fonds rocheux y rendent la pêche difficile et que c’est sans doute pourquoi la faune locale a pris l’habitude de s’y reproduire. Ainsi ne resterait qu’à avaliser ce qui est déjà un état de fait.

Rien n’est si simple, en premier lieu avec les pêcheurs, qui ne voient dans cette réserve qu’une contrainte de plus, mais aussi avec les politiques qui ne veulent pas se les mettre à dos.

Un Monde, pas un stock !

La pêche, au même rang que d’autres secteurs de l’économie, est devenue très méfiante. Les petites flottes essaient de survivre entre réglementations, quotas et bateaux de pêche industrielle (responsables des vraies ravages), ce sont des professionnels à fleur de peau qui n’acceptent que difficilement de nouvelles réglementations.

Pourtant, aucune activité économique (agricole, pétrolière, minière etc…) ne devrait décider seule du destin de ce que l’on considère encore trop souvent comme des « ressources naturelles ». Un dangereux terme qui réduit la nature à un stock dans lequel on n’aurait qu’à se servir. Alors que la pénurie menace ou frappe déjà des pans entiers de l’économie – dont la pêche – il est temps d’arrêter de considérer les écosystèmes comme une liste de courses et de bien garder le mot « durable » en tête.

En alliant le convivial à l’utile, cette matinée de collecte de déchets en compagnie de plongeurs a permis de rappeler que les générations futures n’ont pas fini de payer les conséquences de nos modes de vie. Il est évident que désormais c’est dans l’échange, le partage d’expertises et les actions communes que nous avancerons et qu’il faut maintenir le dialogue malgré les à priori et les différences d’opinions, car personne en particulier n’est propriétaire de notre monde, nous le sommes tous collectivement.

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Pour aller plus loin :

La page Facebook dédiée à la réserve marine Basque : ici

Le rapport de l’agence des AMP : ici

Un rapport du bilan environnemental pour les AMP : ici

Un article sur l’impact des AMP : ici

Des encouragements plus responsables pour L’AB !

lundi 30 mai 2016 à 17:21 | Publié dans actions antenne 64 | Laisser un commentaire

Notre demande du 7 novembre, d’annuler le lâcher de ballons en l' »honneur » du derby de rugby AB/BO n’avait pas été écoutée ni par la Mairie, ni par le club, laissant s’envoler des centaines de ballons bleus blancs dans le ciel jusque dans les jardins, les champs, les forêts, les rivières, l’océan, … l’estomac d’animaux marins sans doute (voir le signalement de la pollution).

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Cependant la mairie de Bayonne nous signale par courrier qu’elle a entendu notre appel et qu’elle veillera à ce que cela ne se reproduise plus. Elle nous signale aussi que d’habitude, avec des délais plus longs, elle encourage l’utilisation de ballons biodégradables.

Nous tenons à préciser que l’utilisation de ballons dits « biodégradables » ne permettent en rien d’éviter l’impact désastreux sur l’environnement,  notamment dans les océans. En effet, selon un nouveau rapport des Nations Unies sur le sujet : « Les plastiques labellisés comme ‘biodégradables’ ne se dégradent pas rapidement dans les océans« . Pour se dégrader ils doivent passer dans un composteur industriel. « La plupart des plastiques labellisés comme ‘biodégradables’ ne se décomposeront qu’à partir d’une certaine température (au moins 50 °C), qui ne sera jamais atteinte dans les profondeurs d’un océan« , explique Jacqueline McGlade, scientifique au Programme des Nations Unies pour l’Environnement, au Guardian. De plus ces plastiques coulent et ne seront donc pas exposés aux UV, qui auraient pu contribuer à leur dégradation. Ajoutons que les années qu’ils mettront à se décomposer dans l’estomac d’un animal, seront bien trop longues pour mettre fin à son agonie et permettre sa survie. Plus d’informations dans cet article de Le vif.

Arrêtons donc définitivement les lâchers de ballons en plastique – biodégradables ou pas. Polluer ne doit plus être source d’émerveillement. Un grand club sportif et une commune littorale comme Bayonne qui a pour devise « Nunquam polluta » (jamais souillée) devraient en être les messagers et les garants.

 

 

 

Une décharge réhabilitée à Urrugne

jeudi 26 mai 2016 à 09:59 | Publié dans actions antenne 64 | Laisser un commentaire

 

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Parmi les solutions pour faire face à nos déchets, la plus commune a longtemps été celle de l’enfouissement. Mais contrairement à ce que l’on pensait à l’époque, si le problème disparaît, ce n’est que visuellement. Une décharge produit, entre autre, un des gaz qui augmente le plus fortement l’effet de serre, le méthane ; mais également des jus de déchets : les lixiviats. Ce liquide souvent marron résulte du ruissellement de l’eau de pluie qui traverse les strates de déchets et emporte les produits toxiques vers les nappes phréatiques ou les cours d’eau en aval.

Afin de résoudre ces deux problèmes majeurs, Bil Ta Garbi ayant obtenu dans ses missions le tri et la valorisation des déchets d’un grand nombre de communes du pays basque Nord, se trouve également responsable des anciennes décharges sur son territoire. Celle d’Urrugne étant actuellement en réhabilitation, notre équipe est allée voir ce que recouvrait ce terme.

D’une montagne à l’autre.

Depuis 1960, les communes d’Hendaye, d’Urrugne, d’Ascain et de Guéthary emmenaient leurs poubelles au sein d’un petit vallon, en amont du torrent le Bittola. Cela dura jusqu’en 2009, date de fin d’exploitation du site. La pollution en résultant avait été de nombreuses fois signalée par les habitants d’Urrugne, voyant des mousses et des couleurs inhabituelles sur ce petit torrent à l’eau habituellement claire. La presse en avait d’ailleurs fait écho et Surfrider avait été contactée.

Ces 30.000 m² qui forment une colline rivalisant avec ces voisines naturelles ont d’abord été remodelés. Une fois cette action de regroupement des déchets terminée, ils sont recouverts par de la terre argileuse déjà présente sur l’ancien site. Les qualités hydrophobes de celle-ci sont aujourd’hui associées à une véritable étanchéité en deux couches (un drainant et une membrane) à laquelle s’ajoute un géotextile sur les pourtours, reliant le  « dôme » aux fossés périphériques. Ces derniers servent à recueillir par gravité les eaux de pluies qui sont stockées dans un bassin en aval en attendant d’être testées. Si elles ont été contaminées pour quelques raisons que ce soit, on les traite comme des lixiviats. Dans le cas contraire, elles sont rejetées dans le torrent.

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L’étanchéité de la colline n’étant pas terminée, les jus de déchets sont dirigés vers un bassin dédié qui en recueille encore 40 000 m3/an. Début 2017, une fois les travaux et l’assèchement des déchets terminés, le site ne devrait produire plus que 5000 m3/an.

Mais entre les pluies et les eaux souterraines, il est important de savoir ce qui sort de cette décharge. Des analyses sont donc régulièrement faites en interne et d’autres effectuées ponctuellement par un laboratoire extérieur, indépendant et accrédité.

Si çà et là on voit des cheminées qui sortent de terre, c’est qu’il s’agit de traiter le 2ème problème lié aux décharges. Les déchets, en se dégradant, vont produire entre autres du méthane, un biogaz qui vient de la décomposition des déchets organiques et qui commence à être utilisé pour faire rouler des véhicules ou chauffer des immeubles. Malheureusement, du fait de l’ancienneté du site, il semble que l’essentiel soit déjà parti dans l’atmosphère. Une cuve a tout de même été construite pour le recueillir mais la petite quantité produite sera brûlée.

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« Réhabiliter » notre consommation ?

Au dire même des gestionnaires du projet, ce type de réhabilitation est celle qui se fait de plus en plus du fait des réglementations nouvelles sur les décharges. Aujourd’hui, avant d’enfouir des déchets, il ne suffit plus de creuser un simple trou. Il faut assurer l’étanchéité du sol et la récupération des lixiviats et des biogaz. Tous les sites anciens ou nouveaux sont sécurisés pour 30 ans, mais qu’arrivera-t-il de ces déchets à terme ou une fois que l’étanchéité sera endommagée ?

Rien ne disparaît ; et si l’on parvient à réduire et parfois supprimer les effets néfastes d’une décharge, il est essentiel de rappeler que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.

Pas meilleur dans un sens uniquement écologique afin de protéger la faune marine (dont globalement tout le monde se fout) mais parce qu’entre la collecte, le traitement, le recyclage et aujourd’hui les réhabilitations des anciennes décharges publiques, les déchets nous coûtent de plus en plus cher.

Les lixiviats, tout comme l’agriculture intensive, polluent les cours d’eau dont la potabilisation a coûté 8 milliards d’euros à la France en 2015.

Les suremballages que les grandes surfaces nous proposent et que nous achetons sont très souvent associés à des transports longues distances. D’autres voyages les attendent, pour aller de notre poubelle au centre de collecte et de tri, afin d’être si possible recyclés (ce qui demande encore de l’énergie), sinon enfouis ou brûlés,  ce qui pose d’autres problèmes de pollution.

Notre prétendue recherche du prix juste ou nos illusoires considérations hygiéniques nous font consommer de plus en plus d’emballages jetables (les dosettes pour du café à 50 euros le kilo, les mini-portions et les bouteilles de 15cl d’eau), alors que nos fruits et légumes sont couverts de pesticides bien plus dangereux qu’un peu de terre ou de poussière. Donc si les prix à la caisse semblent parfois moindres (pour une qualité qui l’est aussi), sur la totalité du cycle, c’est-à-dire de l’exploitation du pétrole au traitement des déchets, le déchet est un coût qui augmente alors qu’il est possible de le réduire.

C’est pourquoi Surfrider s’engage aujourd’hui aux côtés d’autres acteurs, pour que nous tous, apprenions à réduire nos déchets. Au 1er Juillet 2016, sera effective l’interdiction du sac plastique dit « de caisse ». Nous pensons que le moment est idéal pour expliquer les intérêts à passer d’une société du tout jetable à une société du réutilisable, d’un monde croulant sous les emballages et les factures énergétiques à un monde où vrac, économie circulaire, éco conception et production locale seront la norme.

 

Un nettoyage citoyen des berges à Bordes

jeudi 5 mai 2016 à 10:53 | Publié dans actions antenne 64 | Laisser un commentaire

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Ce samedi 30 Avril 2016, l’association Pose ta graine, avec le soutien de la mairie de Bordes, a organisé une grande action de nettoyage des berges du Gave de Pau. Plus de 70 personnes se sont portées volontaires pour ramasser le résultat de l’effondrement de 30 mètres de berges contenant les déchets accumulés pendant 50 ans. Sur place, de grandes quantités de plastiques agrippées aux arbres et aux racines, des bouteilles parfois intactes souvent brisées, mais aussi les déchets métalliques de l’usine Turbomeca, emportés par le courant, s’entassent sur des kilomètres de rives.

Quand on sait que 80 % des déchets trouvés en mer viennent de la terre, on ne peut pas considérer ces décharges qui partent à l’eau comme un problème circonscrit à un territoire communal. Toutes les communes le long du Gave de Pau jusqu’à la côte devraient se sentir concernées.

Les crues successives et les aménagements de berges accélèrent un phénomène d’érosion qui finit par emporter les anciennes décharges en bord de Gave, les unes après les autres. Il y a peu, c’est celle de Beaucens qui déversait plus de 30 000 tonnes de déchets dans le Gave de Pau. Aujourd’hui, celle de la commune d’Assat (en aval de Bordes) menace de faire de même alors que la décharge de Coarraze est mise en demeure. Celles de Jurançon et de Lons ont à ce jour fait l’objet d’un appel d’offre pour « leur remise en état ».

Fin des ballades au bord de l’eau.

L’action citoyenne de samedi n’a pas rendu à la rivière son état d’origine bien évidement. Le but n’était pas là d’ailleurs, il s’agissait d’abord de sensibiliser tout un chacun au problème des déchets. Comme l’a avoué Erika, une participante et résidente de la commune, nombreux sont ceux qui comme elle ignorent ce qui arrive à nos poubelles : partent-elles dans un trou sans fond ou en fumée « grâce » aux incinérateurs ? Elle est désormais convaincue qu’il faut changer notre façon de consommer et boycotter les produits sur-emballés. Samuel, un autre volontaire, dit avoir pris conscience grâce à ce nettoyage, de l’ampleur de la tâche et de la quantité de déchets produits même dans une commune de la taille de Bordes.

A ce jour, la mairie a validé un enrochement de 300 mètres de long et 2 mètres de haut autour de l’ancienne décharge. Ce projet, qui n’est pas encore budgété, protégerait les berges et éviterait que les déchets continuent de partir à l’eau, et ce en attendant de trouver les fonds pour un nettoyage par Tri Mécano Biologique (TMB) comme à Beaucens.

Sur place, le sujet préoccupe et les gens n’osent plus aller se balader en bord de rivière au risque de se blesser, et si certains comme la mairie ne comprennent pas pourquoi Turbomeca (appartenant au groupe Safran) refuse de participer aux discussions, d’autres s’énervent, comme cette habitante de Billère, une commune en aval de Bordes : « Tous les dirigeants et tous les employés vivent sur la plaine de Naye avec leur famille, comment peuvent-ils se moquer du paysage qu’ils vont laisser à leurs enfants ?’’.

Si l’usine avait effectivement l’autorisation de jeter ses déchets à l’époque, elle n’a rien fait d’autre qu’un mail à ses employés pour dire qu’elle n’avait rien à se reprocher. Personne ne demande qu’elle soit jugée responsable de ce qui arrive et qu’elle assume seule le coût des travaux. Par contre, on considère sur place qu’elle pourrait apporter son soutien aux démarches faites pour trouver des solutions et inviter son personnel à participer à ce type de nettoyage.

Une concertation pour collectiviser les dépenses.

Car s’il y a bien un point commun entre les acteurs de la société civile, les mairies et les citoyens, c’est de dire que seule une action concertée serait efficace.

L’idée est de rassembler les 152 communes faisant partie du Syndicat des Gaves, l’Agence de l’eau Adour-Garonne, la Région, la Communauté de Communes du Pays de Naye et les représentants de l’Etat afin de constituer un fonds pour le Gave.

Dans l’attente de la carte référençant toutes les décharges officielles en bord de Gave promise il y un an par le Conseil Général, il est impossible de savoir à combien s’élèveraient le nombre de chantiers. Ce qui est certain, c’est que le coût d’un chantier de réhabilitation par TMB se situe entre 5 et 10 millions d’euros. Si aucune des communes propriétaires des décharges ne peut à elle seule payer cette facture, un effort collectif pourrait déboucher sur des solutions de prise en charge avant que les déchets ne partent dans le gave et ensuite vers l’océan.

Pose ta graine, avec le soutien de la monnaie locale T!nda et Surfrider, va continuer à militer pour un dialogue entre tous, afin de mutualiser les coûts des travaux mais aussi continuer de sensibiliser sur la réduction des déchets. Ici comme ailleurs, il est souvent impossible et surtout contre-productif d’agir seul : Nous sommes tous liés et les déchets des uns finiront souvent chez les autres. De la même manière, les enrochements pour protéger les berges chez les uns finiront par avoir des conséquences sur les berges en aval, le courant reportant plus bas son action d’érosion.

Un Gave au centre de l’attention.

Le projet à long terme de rendre navigable le Gave de la montagne jusqu’au littoral pourrait venir en aide à cette volonté de nettoyer les décharges sur les berges. Une soirée débat avec l’association Du Flocon à la Vague est d’ailleurs organisée à Pau fin mai, pour aborder le sujet.

Pour ceux qui sont intéressés, nous vous invitons également à suivre l’activité de la monnaie locale Tind’a qui va fêter son anniversaire le 3 juillet. Le problème du Gave sera de nouveau abordé, ainsi qu’une sensibilisation à l’environnement et à la réduction des déchets.

On a longtemps pensé qu’en enfouissant, on faisait disparaître les problèmes, le Gave de Pau nous rappelle à sa manière, qu’il n’en est rien.

Et sinon pour le nucléaire, où en est-on ?

Mobilisons-nous pour Bordes

dimanche 24 avril 2016 à 09:39 | Publié dans actions antenne 64, décharges | Laisser un commentaire
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A Bordes, près de Pau, une ancienne décharge se vide au fil des crues dans le gave (lire l’article déjà consacré au sujet). C’est le constat alarmant de l’association Pose Ta Graine, qui, en partenariat avec la mairie de Bordes, organise le samedi 30 avril prochain une journée de nettoyage et sensibilisation.

Ce cas n’est pas isolé. Plusieurs décharges, comme celle de Beaucens que nous avons longtemps suivi (lire les articles consacrés au sujet) sont aujourd’hui dans ce cas, et posent une véritable problématique de gouvernance quant à la gestion de nos déchets. Comment suivre sur le long terme les sites d’enfouissement ? Quel budget et moyens faut-il attribuer même après l’arrêt de l’exploitation ? Comment réagir vite et avec quel argent lorsqu’un ancien site est remis à jour ? Les exemples ne manquent pas dans le département de décharges anciennes qui refont surface et se déversent dans les cours d’eau. Et bien que majoritairement légales au moment de leur exploitation, ces décharges municipales et de communautés d’agglomérations ne peuvent être aujourd’hui traitées faute de moyens financiers des petites communes qui les hébergent.

A titre d’exemple, un projet de réhabilitation d’une décharge comme celle de Bordes ou de Beaucens est estimé entre 5 et 10 millions d’euros suivant la superficie à traiter, et les types de déchets enterrés.

A Beaucens, après plusieurs crues du gave qui ont emporté près de 40 000 tonnes dans le cours d’eau, les différentes échelles territoriales s’étaient mobilisées financièrement pour intervenir et (mal) traiter la décharge. A Bordes, la politique actuelle semble plus être celle du traitement par submersion du gave : tout ce qui part aujourd’hui, ne coûtera rien en traitement du site par la suite (voir le photos)…

Afin de mettre en lumière l’urgence de la situation, et en amont de la projection d’un reportage de Thalassa sur le sujet, que nous avions accompagnés en décembre dernier, mobilisons-nous massivement le samedi 30 avril prochain à Bordes !

Au programme :

9h : rendez-vous à la salle pour tous, place Jean Fougues à Bordes pour le petit déjeuner et le brief de la journée,
de 9h30 à midi : opération de collecte de déchets au bord du gave,
de midi à 13h30 : repas collectif et ateliers de cuisine sauvage,
de 13h30 à 16h : ateliers pratiques de sensibilisation autour des déchets

Plus d’infos et inscriptions par SMS au 06 27 83 17 85

 

Le mieux est d’y aller ensemble, n’hésitez-pas à utiliser le tableau de co-voiturage
Un départ collectif aura lieu depuis les locaux de Surfider à Biarritz. Vous avez une voiture ? Vous cherchez une place dans un véhicule, faites-vous connaitre !

Remise en état de la dune à Cap-Breton

vendredi 15 avril 2016 à 07:03 | Publié dans actions antenne 64, protection environnement | Laisser un commentaire
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A Capbreton, la mairie a décidé en 2015 de restaurer les dunes entre la Savane et les Océanides. La collectivité a eu la bonne idée d’impliquer des citoyens volontaires dans le projet. Nous sommes allés participer au chantier citoyen.

Dans un premier temps, il s’agissait de poser des genêts pour limiter l’érosion liée au vent. Les semaines suivantes, nous avons planté des espèces locales, de l’agropyrum (chien dent des sables) et de l’oyat sur les surfaces recouvertes par les genêts.

Au delà du coup de main donné, grâce au personnel de l’ONF, il s’agissait aussi d’informer et d’instaurer une conscience citoyenne sur l’importance de la préservation du fragile système dunaire. Pour étendre cette sensibilisation aux estivants, la commune à également prévu de nouveaux accès aux plages et d’installer des panneaux explicatifs avant la période estivale.

Plus d’infos sur le site de la mairie de Cap-Breton. Lire aussi notre précédent article sur le sujet.

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