Polémique à Biarritz – suite…

jeudi 2 février 2012 à 16:41 | Publié dans écologie | Un commentaire
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Photo : © Guillaume Barucq

A la suite de la polémique déclenchée il y a quelques jours à propos du véhicule municipal vidant sa cuve « d’eau claire » sur le parvis de la Grande Plage à Biarritz, le docteur Guillaume Barucq relance la polémique via son site Surf Prévention en s’attaquant cette fois à l’usage dans les rues de la ville (voir photo ci-dessus) d’un désodorisant, le Bioteman Desodor (voir la fiche technique du produit), responsable selon lui d’occasionnels désagréments : « Je ne me serais jamais posé cette question si je n’avais pas présenté occasionnellement des symptômes atypiques dans la ville où je surfe quotidiennement, Biarritz. Pendant longtemps, je n’ai pas compris pourquoi je ressentais parfois des maux de tête, pourquoi j’avais la peau qui grattait ou les yeux qui piquaient après une session de surf. Jusqu’au jour où je me suis intéressé au produit qui sent fort utilisé par ma commune pour masquer les odeurs de pipi des chiens et des fêtards indélicats…et qui se mêle parfois à l’eau de mer ou à l’air marin. » S’en suit une description peu avantageuse du produit incriminé.

En réponse, la mairie reconnait l’utilisation du produit mais selon un usage raisonné, s’en explique dans le journal Sud Ouest et sur les réseaux sociaux. Elle le présente comme « un produit sans danger pour l’homme (désodorisant écologique), légèrement moussant et à l’odeur reconnaissable qui masque les affres des usagers indélicats. Il est respectueux de l’environnement et permet comme tout détergent d’éliminer les molécules odorantes. On peut essayer de combattre les incivilités d’un côté, mais à choisir entre une ville qui sente l’urine et les déjections canines ou l’utilisation de produits écologiques qui nous aident à la rendre agréable à vivre, le choix s’impose ».

Deux visions bien différentes d’un même produit… D’autant que d’autres voix s’élèvent (lire les commentaires de l’article de Sud Ouest et celui de Guillaume Barucq) pour dire certaines erreurs d’appréciation et contester des certitudes affirmées de part et d’autres.

Des usages jusque là communs et acceptés de tous provoquent maintenant des polémiques. C’est le signe que les mentalités évoluent et que l’envie de protéger l’environnement gagne du terrain. Tant mieux ! Il faut élargir la discussion au cadre plus global de la politique d’entretien de l’espace public et de l’utilisation des produits phyto-sanitaires (dans les parcs et jardins municipaux, mais aussi chacun chez soi – pensez au savon noir, produit miracle, multi-usages, en vente partout !)

Nous souhaitons faire un état des lieux des pratiques en vigueur dans les communes de la Côte Basque et, si nécessaire, proposer des solutions alternatives (désherbage thermique, choix de produits vraiment écologiques…) pour un meilleur respect de l’environnement.

Comme on dit, toutes les bonnes idées sont les bienvenues…

Nota : n’étant pas spécialistes en matière de détergent-désodorisant, nous prenons le parti de nous renseigner avant de porter un jugement sur l’usage du Bioteman Desodor.

Polémique à Biarritz

mardi 31 janvier 2012 à 13:32 | Publié dans information générale, pollution | 6 commentaires
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Ces jours derniers, une photo et un article publiés sur le site internet Surf Prévention sous le titre Pollution hivernale en bord de mer ont suscité de nombreux commentaires indignés et agressifs sur les réseaux sociaux. On y voit un véhicule municipal en train de vider sa cuve en bordure de la Grande Plage de Biarritz, le contenu rejoignant rapidement le sable. A propos de la photo, l’article parle de liquide non identifié mais suspect et de pollution avant de s’intéresser dans une deuxième partie à la nocivité des produits chimiques en général et à leur présence dans les eaux de baignade.

Nous avons transmis la photo à Christophe Landrin, Directeur des Services Technique de la Ville de Biarritz, en l’interrogeant sur la qualité du liquide qui s’échappe de la cuve, voici sa réponse :

« Depuis toujours le quai est une surface étanche en pierre sur laquelle l’eau de pluie ruisselle. Depuis l’origine, la pente du quai est orientée naturellement vers le sable, histoire d’éviter les rétentions d’eau et les inondations des bâtiments voisins. Nous connaissons bien ces données et mettons donc en œuvre deux moyens d’entretien de ce trottoir urbain très fréquenté et qui subit les agressions habituelles d’un site urbain majeur :

– Un nettoyage quotidien par une laveuse aspiratrice (qui n’est pas sur la photo), elles lave et aspire en même temps. Cette machine ne peut nettoyer que des surfaces planes et sans sable et ramasser le cas échéant des petits papiers et mégots. Les volumes aspirés sont renvoyés dans le réseau d’assainissement pour être traités à la station d’épuration.
– En cas de présence de sable, nous intervenons avec des engins équipés de lames de déneigement pour rassembler ce sable, le charger et l’évacuer. Une fois cette opération réalisée, nous rinçons le quai à grande eau avec une arroseuse de voirie (véhicule de la photo). L’eau utilisée est une eau naturelle qui provient de notre captage souterrain du lavoir Foch (et qui sert par ailleurs pour toutes les voies de Biarritz) sans aucun produit complémentaire, ce qui lui confère une qualité meilleure que celle de l’eau de pluie !

Il eut été intéressant que le relais de l’information partielle que constitue une photo et son jugement approximatif, soit accompagné d’un commentaire renseigné, factuel et complet du fonctionnement d’une collectivité qui ne peut faire n’importe quoi quand elle est certifiée sur sa méthode de gestion de la qualité des eaux de baignades. Si la plage est le quotidien des surfeurs, le souci légitime des défenseurs de l’environnement, elle est aussi l’une de nos préoccupations essentielles et quotidiennes, nous qui avons la charge de l’entretenir et de la proposer aussi propre que possible aux usagers quels qu’ils soient. En espérant que ces informations permettront l’arrêt des divagations des uns et des autres. »

Profitons de la fin de cette polémique pour lancer une réflexion plus globale sur l’entretien de l’espace public et l’utilisation de produits phyto-sanitaires dans les communes du littoral. Lors du Grenelle de l’Environnement, l’Etat a lancé le plan Ecophyto 2018 qui prévoit la réduction de 50% de l’usage des pesticides et engrais chimiques dans l’agriculture et les zones vertes non-agricoles (parc et jardins municipaux) à l’horizon 2018. Qu’en est-il sur la Côte Basque ? Nous allons poser la question aux acteurs concernés. Si vous avez des informations ou des conseils, n’hésitez-pas à les poster dans les commentaires.

Il existe d’ores et déjà quelques documents de référence que l’on peut consulter :
Objectif «zéro phtyo» dans les espaces verts, un guide méthodologique pour les communes du Val-d’Oise
Guide des alternatives au désherbage chimique, Federec Bretagne
Guide méthodologique de la gestion différenciée, CAUE de la Vendée

Assainissement de l’Uhabia

dimanche 29 janvier 2012 à 00:04 | Publié dans actions antenne 64 | 3 commentaires
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L’Uhabia a son embouchure. Photo : Harrieta171

Les projets de travaux d’assainissement de la rivière Uhabia ont fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois, déchaîné les passions et donné lieu à des joutes verbales parfois agressives. C’est donc un sujet sensible sur lequel nous nous penchons aujourd’hui, d’autant plus que Surfrider Foundation se trouve dans une situation de juge et partie qui n’est pas forcément idéale. En effet, Marc Bérard, adjoint de la commune fut également vice président de notre ONG et reste élu au conseil d’administration.

L’Uhabia, petit cours d’eau long de quelques kilomètres traverse cinq communes du Pays Basque (Saint-Pée-sur-Nivelle, Arcangues, Arbonne, Ahetze et Bidart) avant de se jeter dans l’océan sur la plage dite de l’Uhabia à Bidart. Aussi petite que soit cette rivière, c’est paradoxalement une source majeure de pollution bactériologique par temps de pluie.

Lors la saison estivale, on ferme la plage lorsque les analyses sont positives, on la réouvre dès que possible… et en dehors des mois de juillet et d’août, il n’y a pas d’analyse… Pendant des dizaines d’années, tout le monde s’en est accomodé. Parce que l’écologie et la protection de l’océan n’étaient pas au centre des préoccupations, mais aussi parce les communes situées en amont ne voulaient pas entendre parler du problème et prendre leur part d’investissement pour y remédier : « c’est votre plage, c’est votre pollution ! »

Depuis l’adoption de la nouvelle directive européenne sur la qualité des eaux de baignade en 2006 (1) (qui prendra effet au premier janvier 2015 et qui divise par 4 les seuils acceptables de pollution bactériologique (2)) et l’arrivée de la nouvelle équipe municipale à Bidart en 2008, la pollution de l’Uhabia s’est imposée comme une priorité. Parce qu’avec la nouvelle loi, les profils de plage déterminant les classes de qualité des eaux de baignade seront évalués notamment au regard de prélèvements effectués pendant quatre ans (3). Et Bidart ne peut se permettre de voir sa plage principale fermer de façon définitive en attendant d’avoir quatre années consécutives de bons résultats (4). (Voir les profils des plages de la Côte Basque selon l’ancienne législation et la nouvelle directive).

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