Risque de pollution accru à Hendaye

lundi 6 juin 2016 à 23:22 | Publié dans actions antenne 64, pollution | Laisser un commentaire
Étiquettes : , , , , , ,

pollution_hendaye_station_Armatonde.jpg

pollution_hendaye_station_Armatonde-2

Signalée comme problématique sur la carte participative des pollutions Uramap, la station d’épuration Armatonde (dite aussi des Jumeaux) à Hendaye connait une avarie qui la place de fait hors la loi. L’émissaire qui rejette les eaux traitées dans l’océan a cédé le 10 avril et diffuse maintenant directement dans la falaise à plusieurs dizaines de mètres du rivage (et à près de 100m du niveau de l’eau à marée basse), donc très très loin de ce qu’impose l’article relatif au Rejet des effluents traités des stations d’épuration de la loi française : l’exutoire doit se trouver sous l’eau quelle que soit la marée.

Rencontrés au mois de janvier (lire l’article), le maire d’Hendaye, Kotte Ecenarro et le responsable chargé de l’assainissement à l’agglomération Sud Pays Basque, reconnaissaient la vétusté de la station et la possibilité de rejet d’eau non traité dans l’environnement.

En effet, même s’il existe deux dispositifs pour stocker et réguler les effluents en amont, en cas de pluie intense conduisant à des débits supérieurs à la capacité d’acceptation de l’installation, des débordements ont lieu au niveau du trop plein du bassin Héliomarin vers le ruisseau rejoignant directement la plage, ou par le trop plein du bassin tampon situé en tête de la station qui rejoint l’émissaire des Deux Jumeaux.

Le risque de pollution est donc avéré et a un impact sur la faune et la flore locale. D’autant que, situé à quelques dizaines de mètres de l’espace réservé des Jumeaux, le site accueille de très nombreux goélands qui nichent sur les rochers et viennent se nourrir sur place.

Ajoutons à cela que des eaux non traitées favorisent le phénomène d’eutrophisation, caractérisé par le développement d’algues invasives qui prolifèrent dans les milieux riches en azote et en phosphates.

Si les surfeurs qui fréquentent le spot des Jumeaux peuvent être directement impactés, il y a nettement moins de risque pour les baigneurs sur la plage : la ville d’Hendaye fait réaliser des prélèvement quotidiens au niveau du centre héliomarin (de l’ancien casino et de Sokoburu) et prononce des interdictions temporaires de baignade en cas de besoin.

Malheureusement, les rejets à l’air libre vont se poursuivre pendant de longs mois. Etant donné l’état général de vétusté de l’émissaire, l’idée de le réparer a été abandonné.

Il faudra attendre la validation du projet de réhabilitation complète de la station à l’automne 2016, puis le début des travaux pendant l’année 2017 pour que tout rentre dans l’ordre. Un budget de 2 millions d’euros pour l’émissaire et de 5 millions d’euros pour la station est d’ores et déjà prévu.

Concernant l’émissaire, trois solutions avaient été initialement envisagé :
– le confortement : l’idée a fait long feu, l’émissaire a cédé.
– la réhabilitation avec la difficulté de faire des travaux sur le domaine classé d’Abbadia que traverse l’édifice.
– la réalisation d’un nouvel ouvrage par forage souterrain depuis la station et jusqu’à un point situé loin dans l’océan pour respecter les normes de rejet et de dilution.

Si la volonté de la commune et de l’agglomération de gérer activement le problème de cette station d’épuration est évidente, on ne peut que regretter – une fois de plus – qu’il faille attendre que l’installation dis-fonctionne pour trouver des solutions.

Il va falloir 12 à 24 mois pour que l’émissaire cesse de cracher dans la falaise, c’est inacceptable…

Pour suivre l’historique de ce point de pollution, reportez-vous à la carte Uramap

pollution_hendaye_station_Armatonde-4pollution_hendaye_station_Armatonde-3

Photos : © Jean-Pierre Le Luzien

 

Polémique à Biarritz

mardi 31 janvier 2012 à 13:32 | Publié dans information générale, pollution | 6 commentaires
Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Ces jours derniers, une photo et un article publiés sur le site internet Surf Prévention sous le titre Pollution hivernale en bord de mer ont suscité de nombreux commentaires indignés et agressifs sur les réseaux sociaux. On y voit un véhicule municipal en train de vider sa cuve en bordure de la Grande Plage de Biarritz, le contenu rejoignant rapidement le sable. A propos de la photo, l’article parle de liquide non identifié mais suspect et de pollution avant de s’intéresser dans une deuxième partie à la nocivité des produits chimiques en général et à leur présence dans les eaux de baignade.

Nous avons transmis la photo à Christophe Landrin, Directeur des Services Technique de la Ville de Biarritz, en l’interrogeant sur la qualité du liquide qui s’échappe de la cuve, voici sa réponse :

« Depuis toujours le quai est une surface étanche en pierre sur laquelle l’eau de pluie ruisselle. Depuis l’origine, la pente du quai est orientée naturellement vers le sable, histoire d’éviter les rétentions d’eau et les inondations des bâtiments voisins. Nous connaissons bien ces données et mettons donc en œuvre deux moyens d’entretien de ce trottoir urbain très fréquenté et qui subit les agressions habituelles d’un site urbain majeur :

– Un nettoyage quotidien par une laveuse aspiratrice (qui n’est pas sur la photo), elles lave et aspire en même temps. Cette machine ne peut nettoyer que des surfaces planes et sans sable et ramasser le cas échéant des petits papiers et mégots. Les volumes aspirés sont renvoyés dans le réseau d’assainissement pour être traités à la station d’épuration.
– En cas de présence de sable, nous intervenons avec des engins équipés de lames de déneigement pour rassembler ce sable, le charger et l’évacuer. Une fois cette opération réalisée, nous rinçons le quai à grande eau avec une arroseuse de voirie (véhicule de la photo). L’eau utilisée est une eau naturelle qui provient de notre captage souterrain du lavoir Foch (et qui sert par ailleurs pour toutes les voies de Biarritz) sans aucun produit complémentaire, ce qui lui confère une qualité meilleure que celle de l’eau de pluie !

Il eut été intéressant que le relais de l’information partielle que constitue une photo et son jugement approximatif, soit accompagné d’un commentaire renseigné, factuel et complet du fonctionnement d’une collectivité qui ne peut faire n’importe quoi quand elle est certifiée sur sa méthode de gestion de la qualité des eaux de baignades. Si la plage est le quotidien des surfeurs, le souci légitime des défenseurs de l’environnement, elle est aussi l’une de nos préoccupations essentielles et quotidiennes, nous qui avons la charge de l’entretenir et de la proposer aussi propre que possible aux usagers quels qu’ils soient. En espérant que ces informations permettront l’arrêt des divagations des uns et des autres. »

Profitons de la fin de cette polémique pour lancer une réflexion plus globale sur l’entretien de l’espace public et l’utilisation de produits phyto-sanitaires dans les communes du littoral. Lors du Grenelle de l’Environnement, l’Etat a lancé le plan Ecophyto 2018 qui prévoit la réduction de 50% de l’usage des pesticides et engrais chimiques dans l’agriculture et les zones vertes non-agricoles (parc et jardins municipaux) à l’horizon 2018. Qu’en est-il sur la Côte Basque ? Nous allons poser la question aux acteurs concernés. Si vous avez des informations ou des conseils, n’hésitez-pas à les poster dans les commentaires.

Il existe d’ores et déjà quelques documents de référence que l’on peut consulter :
Objectif «zéro phtyo» dans les espaces verts, un guide méthodologique pour les communes du Val-d’Oise
Guide des alternatives au désherbage chimique, Federec Bretagne
Guide méthodologique de la gestion différenciée, CAUE de la Vendée

Propulsé par WordPress.com.
Entries et commentaires feeds.

%d blogueurs aiment cette page :