Mundaka en danger !

Mercredi 20 mai 2015 à 07:01 | Publié dans artificialisation | Laisser un commentaire
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Depuis quelques semaines l’association de surfeurs Mundakako Surf Taldea se mobilise pour avertir les autorités publiques du danger de la disparition de la mythique gauche du spot de Mundaka suite au dragage en cours.

Les tempêtes successives qui ont sévi sur le littoral basque entre janvier et mars 2014 ont accéléré l’érosion de Laida, plage hautement touristique dont les retombées économiques (210 000 visiteurs par an) sont considérables pour la zone. Il est prévu de ramener 40.000 m³ de sable (plutôt que d’attendre que le sable revienne naturellement sur la plage) en provenance du petit port de Mundaka et de la zone intertidale de Laida.

Mais le sable prélevé pour réengraisser Laida est le même que celui qui alimente la vague de Mundaka jusqu’à l’automne où il produit chaque année des tubes de classe mondiale. Or on se rappelle tous qu’en 2003, quand 300.000 m³ de sable ont été prélevés dans le fond de la rivière, les travaux avaient entraîné la disparition pure et simple de la gauche de classe mondiale pendant deux ans, avant qu’elle ne revienne progressivement à la vie à partir de 2006 avec la reconstitution naturelle du banc de sable.

Les surfeurs locaux craignent le pire. Dans un communiqué (à lire ici), ils dénoncent notamment le « manque d’information sur l’impact environnemental des travaux » et posent la question des « effets possibles sur l’écosystème de l’estuaire ». Dans leur déclaration, ils incitent aussi les autorités à « engager une procédure pour déclarer la barre de Mundaka d’intérêt culturel ou d’environnement naturel protégé conformément à la loi sur le patrimoine naturel et la biodiversité ». Une proposition déjà formulée par Surfrider Foundation Europe.

Pour soutenir les surfeurs locaux, n’hésitez-pas à signer la pétition et à participer à la vidéo virale #savemundaka (il suffit de se filmer pendant 5 secondes maximum en disant quelques mots concernent son attachement à la vague et en demandant de la protéger. N’oubliez-pas de porter devant vous une feuille portant l’inscription #savemundaka. Envoyez votre vidéo à info@savemundaka.org).

Pour suivre les derniers développements de l’affaire, vous pouvez vous abonner à la page Facebook dédiée.

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Opération nettoyage à la plage des 100 marches

Mardi 19 mai 2015 à 19:00 | Publié dans actions antenne 64 | Laisser un commentaire
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Il existe une plage sauvage à Bidart, cachée quelque part entre Erretegia et Pavillon royal, situé dans le secteur Natura 2000 des falaises de la côte basque, et accessible par un sentier ponctué d’au moins 100 marches qui s’enfonce entre deux collines. Malheureusement, le site est pollué par de nombreux déchets, sans doute accumulés là au fil des ans par le ruissellement naturel des eaux de pluie dans ce vallon encaissé.

Ce point de pollution a été signalé sur notre carte participative il y a quelques mois. Nous avons contacté la mairie de Bidart qui a organisé une réunion avec des représentants du département des Pyrénées Atlantiques. Nous avons décidé d’unir nos force – avec l’aide de l’association ADELI – pour débarrasser ce petit coin de paradis des déchets accumulés depuis de longues années.

C’est pourquoi nous vous invitons à venir nous donner un coup de main samedi 30 mai. Venez bien chaussés, on fournit les sacs poubelles et les gants.

Nous offrons le café et le goûter, mais n’hésitez-pas à apporter de quoi partager un pique nique… et votre drap de bain, la plage est à deux pas !

Pour organiser les choses au mieux, merci d’envoyez un email pour annoncer votre venue !

Rendez-vous à 9h30 rue Tutilenia à Bidart (c’est une parallèle à la RD810, derrière le Crédit Mutuel et le surfshop Freeride, à côté de la boulangerie la Licorne sur le plateau). Voir plan. L’accès sera fléché.

« Quelles monnaies, pour quelles richesses », conférence autour de monnaies locales

Vendredi 15 mai 2015 à 16:35 | Publié dans eusko | Laisser un commentaire
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Euskal Moneta, l’association qui gère l’eusko, la monnaie locale basque, accueille un rassemblement national des monnaies locales complémentaires de toute la France du 22 au 24 mai 2015. Parmi les temps forts, une conférence de Patrick Viveret dimanche 24 mai à 11h à Glain sur le thème « Quelles monnaies, pour quelles richesses ». L’auteur est considéré comme une référence en matière de réflexion sur les indicateurs de richesses. Il propose par exemple que nous calculions nos richesses non seulement du point de vue économique, mais aussi du point de vue social et environnemental…

La conférence  sera suivie d’un apéro musical puis d’un repas (20 euskos / euros, vin compris) pour échanger, faire des rencontres, le tout prolongé en musique l’après-midi ! Il est impératif de s’inscrire pour le repas et vivement conseillé pour assister à la conférence 05 33 47 54 11 ou par retour de mail à info@euskalmoneta.org (en savoir plus)

Rappelons que Surfrider fait partie des associations qui reçoivent des dons chaque fois que l’on change des euros en euskos. Pensez-y, en utilisant des euskos, vous soutenez l’antenne côte basque de Surfrider !

Rappelons aussi que les monnaies locales complémentaires sont un bon moyen de favoriser la consommation en circuit court, de valoriser les professionnels engagés dans une démarche de protection de l’environnement et de promouvoir la langue basque. N’hésitez-pas, utilisez l’eusko !

Découvrez le programme scientifique Riverine Input

Mercredi 6 mai 2015 à 07:22 | Publié dans Initiatives Océanes | Laisser un commentaire
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Riverine Input est un programme scientifique initié par Surfrider Foundation Europe pour quantifier les déchets venus des rivières qui se déversent dans l’océan. Depuis plus d’un an l’équipe retourne tous les mois sur des points de prélèvements précis sur tout le trajet de l’Adour, de la source à l’océan, pour remplir des sacs poubelles de déchets échoués. Ensuite commence le travail long et laborieux de quantification. Chaque bout de plastique, de métal ou de verre est observé pour le classer dans l’une des nombreuses catégories définies (contenant alimentaire, emballage, origine agricole, domestique, industrielle…).

Prévu pour durer plusieurs années, le programme Riverine Input est unique en son genre. Jusque là, personne n’avait pris la peine de faire une quantification poussée des déchets venus d’un bassin versant. Les résultats partiels sont sans appel : la majorité des déchets échoués sur les plages sont en plastique et viennent des rivières. On le savait déjà ? oui, maintenant on pourra aller trouver les pollueurs ou les pouvoirs publics avec des données chiffrées qui constituent de vraies preuves plutôt que des «on dit».

Pour faire connaitre le programme Riverine Input, Surfrider Foundation Europe organise trois journées de rencontres du 8 au 10 mai 2015 à Campan, Bours-Bazet et à la Barre à Anglet. Chaque journée sera l’occasion de présenter le projet, d’écouter des spécialistes de l’environnement, de partager un pique nique et de participer à des animations sportives ou artistiques. Lire le programme complet

Voyage en Zero Zabor

Jeudi 2 avril 2015 à 20:32 | Publié dans zéro déchet | 1 commentaire
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Trois ans après leur premier voyage, l’association Bizi de Bayonne a voulu faire le point sur l’expérience zéro déchet (zero zabor en basque) menée au Pays Basque Sud. Nous sommes partis avec eux pour voir ce qu’il en est.

Commencé il y a 4 ans avec huit communes pilotes, ce mouvement inspiré par la petite ville de Toscane Capannori, tient-il ses promesses ? Lors d’une journée au programme chargé, nous sommes allés faire un bilan dans les communes d’Usurbil et d’Orendain, parler de l’évolution du modèle avec un projet de centre de tri et de sa généralisation progressive.

A l’origine il y eu Usurbil…
Même avec deux GPS nous avons réussi à nous perdre dans la campagne des alentours de San Sebastian. Nous sommes passés par les hauteurs de la ville, où alternent des maisons individuelles, des fermes et les bâtiments hyper modernes de la technopole dont le Centre Culinaire Basque. La commune d’Usurbil (6 000 habitants) n’est pourtant qu’à 10 mn de San Sebastian. L’accès se fait par l’autoroute puis par le fond de vallée de l’Oria, un site anciennement industriel et plus ou moins encore en activité. Par le nombre d’immeubles de petites tailles et le peu de commerces, il semble que le gros de l’économie et de l’emploi se trouve à Donostia désormais.

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Dès l’entrée dans la ville, on remarque immédiatement de petits seaux à couvercle, accrochés aux murs ou à des poteaux devant les maisons et les immeubles. Ici pas de grosse infrastructure mais une révolution discrète et efficace. La démarche zero zabor (zéro déchet) de cette commune a consisté en un remplacement des imposants conteneurs de rue, où l’on jetait tout type de déchets en vrac, par un ramassage différencié et quotidien en porte à porte appelé P&P (puerta y puerta). On trouve depuis 4 ans, à l’extérieur des immeubles, des colonnes en inox ajourées dans lesquelles s’insère l’anse de poubelles de petites tailles ou celle des sacs plastiques. Chaque jour les habitants descendent un type de déchet bien spécifique. 60% de ce que l’on jette étant de nature organique, trois jours y sont dédiés : le lundi, le jeudi et le samedi. Les autres jours sont pour le papier et le carton, puis le plastique, le dimanche pour tout ce qui ne peut être recyclé. La seule exception est faites pour les couches et les compresses médicales qui sont ramassées tous les jours dans des sacs à part.
OLYMPUS DIGITAL CAMERAPour ceux qui souhaitent faire un compost individuel ou collectif, la possibilité est donnée de faire installer un composteur proche de leur immeuble. Fermé avec des cadenas, chaque composteur peut être utilisé par une quinzaine de familles ayant chacune une clef et, de fait, la gestion de ceux-ci. Un autocollant est alors apposé sur la colonne à poubelle pour signifier que la personne gère elle même ses déchets organiques, ce qui lui permet de bénéficier d’une réduction de 40% de sa taxe pour l’enlèvement des déchets. 1/3 des habitants de la ville font aujourd’hui leur compost. Pour compléter son offre et parfaire son action, la ville a mis en place le même tri des déchets dans ces poubelles de rues ; et pour ceux qui auraient raté le ramassage, il existe un centre de collecte, nommé Attalu, au centre de la ville, fermé avec une clef qu’il faut demander aux services municipaux. Pour le verre, “l’iglù” vert reste dans la rue, le conteneur traditionnel est maintenu.
L’habitant paie au trimestre 19,50 euros, 11,70 s’il pratique le compostage individuel, 13,70 euros en zone rurale et 8,19 euros s’il composte.
Avec ce système, la commune d’Usurbil est arrivée à un taux de recyclage de 82% en 2014 (40% de moyenne pour le Pays Basque Sud). La philosophie de cette action municipale est de trier, de recycler et de réutiliser afin de réduire les déchets finaux qui continuent à être ou brûlés ou enfouis.

Incinérateur contre TMB
A contrario de cette démarche, la province compte, elle, investir dans la construction d’un incinérateur de grande taille pour les déchets dit «finaux» c’est à dire qui ne peuvent être valorisés. Le problème pour les élus qui ont mis en place le ramassage différencié, est que ce genre d’investissement (on parle d’un budget de 223 millions d’euros), en plus d’émettre des fumées toxiques, est contre productif. Pour les partisans du P&P, c’est l’exemple même d’une technologie qui emprisonne. Un incinérateur est prévu pour une certaine quantité de déchets (celui de San Sebastian devra traiter 270.000 t/an) ce qui veut dire maintenir cet approvisionnement, même si cela veut dire aller les chercher ailleurs en camion ou en bateau. On voit bien que dans un cas il y a un intérêt économique de rentabilité à avoir du déchet, alors que dans l’autre tout est fait pour le réduire à zéro. L’incinérateur est d’ailleurs déjà sur-dimensionné par rapport aux quantités actuelles de déchets obtenus grâce à l’action du P&P mais sans doute aussi du fait de la crise économique. Le Gipuzkoa est ainsi passé de 270.000t de déchets finaux par an en 2007, à 190.000t/an en 2014.
Un autre projet est défendu par les P&Péiste, celui de construire pour 60 millions d’euros, un centre de tri mécanico-biologique. Le TMB de Zubieta permettra de «gérer intégralement et de manière durable ses déchets» nous dit le document de présentation (consultable ici). Le but est de pouvoir accueillir tous les déchets récoltés mais aussi d’avoir un outil industriel flexible, capable de s’occuper aussi bien de déchets finaux que du recyclable ou des déchets organiques, et ce en fonction de la demande. On parle de 46,3 tonnes à l’heure pour un total de160.000 tonnes/ an et d’arriver à un taux de recyclage de 60% pour tout le Gipuzkoa.

D’ailleurs le Ministère de l’Environnement a ajouté en 2013 à la liste des «bonnes pratiques» le P&P, ce qui montre que le tri en amont avec un ramassage différencié et l’objectif Zero Zabor, sont désormais reconnus par le gouvernement.

L’exemple d’Orendain
Après Usurbil, nous nous sommes rendus à quelques km de là, au village de Orendain (200 habitants) perché sur une colline offrant une vue magnifique sur les montagnes environnantes. Du fait de sa petite taille et de son site, la commune a opté pour un autre système que le porte à porte. Elle a préféré installer 8 cabanes en bois de type chalet pour récolter tous les déchets de manière différenciée.

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A l’intérieur, on retrouve des codes couleurs et des panneaux presque exhaustifs pour guider les utilisateurs. Il est également possible d’y déposer les appareils électroménager ou tout autre objet non recyclable et de taille réduite, destiné à la déchetterie. Pour ce qui est des déchets organiques, la maison individuelle avec terrain étant ici la norme, des composteurs ont été donnés gratuitement par la commune et après une formation à domicile, chaque habitant fait aujourd’hui son propre compost. Pour le seul immeuble, récemment construit, qui compte 17 appartements, deux composteurs fermés à clefs pour éviter les rats et les odeurs, sont placés de l’autre côté de la route, au pied d’une prairie avec des arbres fruitiers et des moutons. Un volontaire de l’immeuble s’occupe de le gérer et de transférer le compost du bac de démarrage vers celui de finition. La petite taille de cette commune permettant de mettre en place certaines expériences, il est intéressant de mentionner qu’elle subventionne l’achat de couches lavables à hauteur de 75%. Une fois qu’une famille en a fini avec les couches, elle est invitée à les donner aux autres voisins qui en auraient besoin. Ainsi fut inventée la couche municipale ! Pour cette commune un peu à l’écart, ce système veut dire une collectivisation des voyages vers les déchetteries et moins d’allées et venues en camion pour venir ramasser les poubelles. Si le coût écologique baisse, il en est de même des taxes qui sont passées de 175 euros par an et par foyer à 60 euros. Enfin, le maire Tomás Plazaola Muguruza, nous assure que ses administrés sont désormais beaucoup plus sensibles aux problématiques écologiques générales.

Un modèle qui continue de faire ses preuves
Moins cher, plus responsabilisant, créateur d’emplois et même de lien social à travers la gestion collective des composteurs, les diverses formes de ramassages différenciés pratiqués en Gipuzkoa connaissent un important succès. Remportant commune après commune, les variations autour du zero zabor concernent aujourd’hui 1/3 des habitants avec des villes comme Hernani, Tolosa, Astigarraga, Lezo, Antzuola, Lugorreta, Oiartzun, Zalbidia, Segura, Ormaitzegi, Legazpi, Beet… Les oppositions au P&P qui ont agité le débat politique en 2012 ont fini par s’essouffler. Dans une vingtaine de villes dont Bergara, les habitants avaient en effet protesté en accrochant leurs poubelles à leurs balcons juste avant Noël. L’argument essentiel étant esthétique il semble difficile de dire que les imposant containers en bord de route soient de ce point de vue plus satisfaisants. Pour des raisons politiques des thèses libertariennes sont reprises aujourd’hui, lors des campagnes, par certains opposants qui considèrent cette organisation communale comme une invasion de l’espace privé et un manque de respect pour la liberté individuelle… de polluer ?

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Les déchets et leur gestion devraient au contraire permettre de rappeler aux citoyens d’Espagne ou d’ailleurs qu’il n’y a pas assez de matières premières pour s’autoriser à les brûler dans un incinérateur ou à les enfouir. Mais aussi qu’une consommation de produits locaux et peu ou pas emballés est le meilleur moyen d’économiser les ressources naturelles en impactant moins notre environnement. En parlant de «valorisation des déchets», la société intègre le fait que leur gestion, après avoir été un problème aux coûts croissants, pourrait devenir un revenu, avec la vente des matières recyclables et d’un compost de qualité. Avec des taux de recyclage approchant des 80%, certaines de ces communes dépassent déjà le scénario «optimiste» du Bureau de l’Environnement Européen qui donne l’objectif de 70% pour les déchets municipaux… en 2030.

Zero zabor est né grâce à une impulsion forte des élus locaux, un diagnostic sur la gestion des déchets et des réunions publiques pour écouter aussi bien les entreprises que les familles. La mise en place s’est faite avec un accompagnement pédagogique pour sensibiliser aux problèmes environnementaux en même temps qu’à la bonne utilisation des outils mis en place. A Milan,Londres,Bruxelles et dans une centaine de villes de la Catalogne allant de 17.000 à 200.000 habitants, des systèmes de ramassage différencié se sont mis en place avec succès. Qu’en sera-t-il en France pour les années à venir ? A nous de nous renseigner sur la gestion de nos déchets, de consommer local et de viser nous-même le zéro déchet dans notre vie de tous les jours.

L’Antenne Côte Basque de Surfrider suivra et soutiendra autant que possible Bizi! dans son travail de terrain.

De Beaucens à l’océan, récit de 5 journées exceptionnelles

Mardi 24 mars 2015 à 18:46 | Publié dans actions antenne 64, décharge de Beaucens | Laisser un commentaire
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mascotte_SurfriderAprès le nettoyage des berges du gave en octobre dernier qui avait mobilisé près de 130 personnes dans le secteur de Montaut Lestelle-Betharram (lire le compte rendu), nous nous étions jurés de revenir.

Le 20e anniversaire des Initiatives Océanes était une occasion idéale pour organiser un événement d’envergure. Intitulé “Les Déchets ça Gave!”, l’idée était de faire le point sur le chantier de curage de la décharge de Beaucens, de témoigner de la pollution encore présente en aval et dans la mesure du possible de nettoyer les berges. Une fois rappelé l’origine des déchets échoués sur les plages du littoral nous voulions également sensibiliser le grand public et les élus locaux à l’objectif  « zéro déchet ».

Du 18 au 22 mars, pendant cinq jours, des bénévoles se sont relayés pour organiser une descente du gave de Pau et de l’Adour, depuis Beaucens jusqu’à Anglet, ponctuant chacune des étapes de rencontres et d’événements :

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 Visite du chantier de démantèlement de la décharge de Beaucens

Si les premières crues, ayant emporté des milliers de tonnes de déchets, datent de 2012, les communes locales n’ont réussi à mobiliser les pouvoirs publics que récemment. C’est un chantier de près de 4 millions d’euros qui a débuté en septembre 2014, nécessitant un déploiement de matériel très important et selon un processus innovant conçu pour séparer les déchets des matériaux naturels. Près de six mois après le début des travaux, les deux tiers de la décharge ont été passés au crible… mais malheureusement pour un résultat extrêmement décevant : seuls 5% des volumes traités sont évacués des berges du gave de Pau. Les déchets plastiques abimés par le temps, fragmentés en morceaux de moins de 3 cm par le procédé même, sont réutilisés sur place. Ils sont mélangés à la terre, aux alluvions du gave et enfouis sous les graviers et les galets de grosse taille et évidemment à la merci des prochaines crues. Selon les techniciens et les élus locaux, avec le recul et l’expérience de ces 6 mois de travaux, “on aurait pu faire mieux”, mais pour un budget deux à trois fois supérieur et avec une contrainte de temps moins importante…

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A gauche, les engins de criblage. A droite, le remblai à première vue débarrassé des déchets
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Mais si l’on regarde de plus près, le sol est encore jonché de déchets…
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… Et d’une multitude de petits morceaux de plastiques !

Etat des lieux des berges en aval

Sur les 8 premiers kilomètres en dessous de la décharge, quatre professionnels de sports en montagne salariés par le SYMILH (Syndicat mixte du Haut Lavedan) ont nettoyé les rives pendant 18 mois. Le secteur est aujourd’hui propre alors qu’il s’agissait à l’origine de la zone la plus touchée. En observant les branches des arbres qui retiennent les déchets, Bruno, l’un des ‘’nettoyeurs” et instructeur de raft aux Gaves Sauvages a même eu l’idée de concevoir un filet “piège à plastiques”.  Un prototype autofinancé, a été testé avec succès et attend désormais un financement départemental qui permettra d’en installer plusieurs dans le gave. Avis aux communes qui voudraient s’équiper : une dizaine “d’attrape-plastique” coûtent près de 22 000 euros, installation comprise.

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Le système imaginé pour piéger les déchets flottants

Les deux jours de descente en raft sur le Gave ont permis de constater l’ampleur des dégats sur les berges en aval de cette zone et ce, sur des dizaines de kilomètres. A cela, viennent se rajouter d’anciennes décharges, sauvages ou non, risquant d’être un jour, à leur tour, emportées. Certaines zones sont tellement dégradées par les déchets que certains professionnels de sports d’eaux vives n’y emmènent plus leurs clients. Il est donc nécessaire d’agir au plus vite pour éliminer ces pollutions !

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Les berges du gave de Pau envahies de déchets échappés de la décharge de Beaucens

Sensibilisation et mobilisation du grand public

Face à la difficulté d’agir à posteriori, les seules solutions sont la prévention et la sensibilisation de tous à la réduction de la quantité de déchets (“le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas”). Il faut éviter la consommation de produits ne possédant pas de filière de valorisation, changer nos pratiques pour limiter le gaspillage et trier le plus possible les déchets à la base. Des solutions existent… C’est le message que nous avons tenté de faire passer aux élus rencontrés, les incitant à s’engager dans un cercle vertueux  pour atteindre dès que possible l’objectif zéro déchet sur leur territoire comme on le pratique depuis 3 ans dans 8 communes pilotes du Pays Basques Sud avec l’aide de Bizi.

Un message aussi délivré à près de 150 enfants à Orthez qui ont participé à des ateliers de sensibilisation au développement durable mis en place avec l’association partenaire Du flocon à la vague (tri, recyclage, sensibilisation aux pollutions aquatiques et aux ressources en eau). Des ateliers de lutherie à base de déchets furent aussi proposés par Terra Pitchoun.

La projection du film-documentaire Supertrash de Martin Esposito lors de deux soirées dans des cinémas à Orthez et Biarritz fut l’occasion d’intéressants débats avec des citoyens n’ayant  pas forcément conscience du devenir de leurs sacs poubelles d’ordures ménagères et des conséquences possibles sur l’environnement.

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Autre initiative, à Biarritz, une vingtaine de personnes ont participé à l’une des séances de tri et de qualification des déchets récoltés dans le cadre du programme scientifique Riverine Input de Surfrider Foundation Europe.

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Signalons aussi les nombreux nettoyages organisés avec les populations locales sur tout le bassin versant de l’Adour. Ce furent des moments importants  d’échanges, de prise de conscience, d’engagement et de solidarité. A Montaut, Lestelle Betharram et Saint-Pé-de-Bigorre, 75 personnes ont collecté 225 sacs, de la ferraille et une benne pleine de gros déchets. A Baudreix 20 personnes ont collecté 30 sacs d’ordures. A Mazères-Lezons, 11 volontaires se sont mobilisés. Plus de 30 sacs ont été remplis sous le crachin mais dans la bonne humeur et la détermination. D’autres nettoyages se sont organisés à Came, à Ustaritz et bien sûr à Anglet, pour boucler la descente, où s’est réunie une trentaine de personnes motivées et désireuses de participer à la dernière action de cette initiative.

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Un radeau totem symbolique

Construit à partir de matériaux de récupération, nous avons promené, depuis le pied des montagnes des Pyrénées, sur près de 200 km et pendant cinq jours, un totem en forme de pyramide couvert de  déchets ramassés à chaque étape du périple. Monté sur un radeau, il a traversé Bayonne le samedi matin à l’heure du marché pour finir sa descente à Anglet à quelques mètres de l’embouchure et de l’océan.

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Puisque 80% des déchets échoués sur les plages viennent des terres en amont par les cours d’eau, ce totem symbolique rappelle la nécessité urgente de changer nos habitudes de vie pour construire ensemble un monde ZERO déchet !

Remerciements

Si l’antenne de bénévoles Surfrider Côte Basque a imaginé et coordonné ce projet, sa mise en œuvre et sa réussite sont le fait de plus d’une centaine de personnes: citoyens bénévoles, structures associatives, clubs sportifs et collectivités. Nous tenons donc à remercier :

Les professionnels de sports d’eau qui ont permis de se déplacer sur les cours d’eau en toute sécurité : ohlala eaux vives, Evasi’eau, 2X aventures, Uhaina po, Pirogue & Surf, Gaves sauvages, l’Aviron Bayonnais, Hautes-Pyrénées Sport Nature base nautique de Saint-Pé-de-Bigorre, Traqueurs de vagues, USCN kayak, les O Kiri.

Les élus des communes de Montaut, Lestelle Betharram, Saint-Pé-de-Bigorre, Orthez et Baudreix.

Les associations Du flocon à la vague, Terrapitchoun, UDE Ustaritz présentent sur le terrain ; Bizi pour la mise à disposition de documents édités dans le cadre de la démarche “Zéro déchet” ;  Le CADE et Hazketa2010 pour leurs actions et leurs articles détaillés permettant de dénoncer les problématiques en local.

Le technicien de Loca 64 affecté au chantier de la décharge de Beaucens pour ses explications.

Les cinémas Le pixel d’Orthez et Le Royal de Biarritz qui ont diffusé le film-documentaire Supertrash, de Martin Esposito.

Les Sauveteurs en Mer de la SNSM de Bayonne qui ont assuré la sécurité de la navigation sur l’Adour.

Le dessinateur de mabede.com qui a créé  le sympatique desman des Pyrénées, mascotte du projet.

Tous les citoyens qui ont participé au nettoyage des berges, de la Nive, du gave de Pau et de l’Adour sur les communes de Montaut, Lestelle Betharram, Baudreix, Rieulhes Saint-Pé-de-Bigorre, , Mazère Gelos, Uzos, Baudreix, Came,  Ustaritz et Anglet.

Au total, tous ces acteurs ont fait de ce petit slogan «les déchets ça gave !», un grand cri. Qu’ils en soient remerciés !

Les déchets, ça gave !

Mercredi 4 mars 2015 à 08:21 | Publié dans actions antenne 64, décharge de Beaucens | 1 commentaire

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Dans le cadre des Initiatives Océanes, nous organisons une descente du gave de Pau et de l’Adour depuis la décharge de Beaucens dans les Hautes Pyrénées jusqu’à Anglet du 18 au 22 mars 2015. Le parcours sera ponctué de plusieurs collectes de déchets et d’événements.

Le départ de ces 5 jours d’actions intitulés Les déchets ça Gave se fera depuis l’ancien site d’enfouissement de Beaucens qui a laissé s’échapper plusieurs dizaines de tonnes de déchets lors de crues en 2012 et 2013, polluant massivement les cours d’eau jusqu’à l’océan (pour en savoir plus).

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Un totem flottant représentant une montagne, nous suivra tout le long du périple. Il sera «habillé» des déchets représentatifs de nos observations et ramassages.

Cette action, l’une des plus importantes que nous n’ayons jamais organisé, permettra :
– de faire le point sur le démantèlement du site de Beaucens avec les élus locaux et les partenaires régionaux,
– d’aborder avec eux la question de la gestion de l’aval du site.
– De faire un état des lieux de la pollution des berges jusqu’à l’océan, de mesurer l’importance de la pollution restante et de prioriser les actions de nettoyage à venir.
Prévenir les risques afin d’éviter que ce genre d’accident ne se reproduise sur des sites similaires
– Sensibiliser à la problématique des déchets, encourager toutes les actions de toutes les structures ayant ce même objectif.

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Voici le programme complet de l’opération :

Mercredi 18 mars (non ouvert au public)
Visite du chantier de la décharge de BEAUCENS avec les élus locaux à 15h. Puis mise à l’eau sur le gave de Pau avec les nombreux élus prêts à enfiler une combinaison et se jeter dans les raftings pour collecter des déchets.

Jeudi 19 mars (non ouvert au public)
ohlala_eaux_vives_evasieauNettoyage de la rivière et descente en rafting de BEAUCENS à NAY avec Ohlala eaux-vives, Evasi’eau et les élus volontaires.

Vendredi 20 mars
2X_AVENTURES_logoDescente du Gave de PUYOO à PEYREHORADE en kayak avec le club 2X Aventures. (non ouvert au public)

terra_pitchounDès 16h à ORTHEZ, tenue de stands et animations avec Terrapitchoun (atelier pour enfants avec des réalisations à partir de déchets), place de la Mairie d’Orthez en face de la Place d’Armes.
Avec la participation de l’association Du flocon à la vague.du_flocon_ a_la_vague logo_ville_orthez

Projection-débat autour du documentaire Supertrash de Martin Esposito, à 20h au Cinéma le Pixel d’ORTHEZVoir la page dédiée

Samedi 21 mars
A 8h30,
rendez-vous au parking du pont des grottes à MONTAUT pour un nettoyage des berges du gave sur les communes de RIEULHES, SAINT PE DE BIGORRE, LESTELLLE BETHARRAM et BAUDREIX. Les grillades sont offertes à midi. Vous pouvez venir pour la matinée, la journée ou simplement l’après-midi. Plus d’infos au 06 15 08 75 98 et sur la page Facebook dédiée. Rendez-vous également à 9h30 au parking du stade de MAZERES-LEZONS pour un nettoyage entre GELOS et UZOS (contact et infos).

uhaina_poA 10h, traversée de BAYONNE à ANGLET en pirogue hawaïenne avec UhainaPo et toutes autres embarcations qui voudront bien se joindre. L’arrivée est prévue à la marina d’Anglet, suivie d’un repas participatif. Voir la page dédiée.

A 15h au siège de l’association (33 allée du Moura à BIARRITZ), tri qualitatif des déchets collectés dans le cadre du programme Riverine Input, suivi d’un apéritif et d’un repas participatif avant un départ en co-voiturage pour le cinéma. Animations pour enfants tout l’après-midi.

A 21h, projection-débat du documentaire Supertrash de Martin Esposito au Cinéma le Royal de BIARRITZ. Voir la page dédiée. Entrée tarif réduit pour les adhérents Surfrider.

Dimanche 22 mars
Nettoyage de plage à la Barre ANGLET à 10h00. A l’issue, brunch participatif et immortalisation de notre totem voyageur. Voir la page dédiée.

D’autres collectes de déchets sont organisées pendant les Initiatives Océanes tout au long du parcours. La liste complète est disponible sur www.initiativesoceanes.org

Vous pouvez rejoindre la page événement Facebook pour vous tenir informer des derniers détails.

Ce projet est co-organisé et soutenu par : Ohlala Eaux Vives, Evasi’eau, 2X aventures, Uhaina po, Du flocon à la vague, Hautes-Pyrénées Sport Nature, la base nautique de Saint-Pé-de-Bigorre, Traqueurs de Vagues, USCN kayak, les O’Kiri, les communes de Montaut, Lestelle Betharram, Saint-Pé-de-Bigorre, Orthez et Baudreix.

Nettoyage de la plage de la digue

Dimanche 14 décembre 2014 à 21:08 | Publié dans nettoyage plage | Laisser un commentaire
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Opération réussie. Près de 40 personnes sont venues nettoyer la plage de la digue à Boucau / Tarnos. Le site était jonché de plastiques divers, du gros bidon aux minuscules granulés en passant par de nombreuses douilles de cartouches de chasse, des bâtons de cotons tiges ou des kits de perfusion (avec aiguille) échappés d’un entrepôt de laboratoires Renaudin à Cambo. Dimanche pluvieux, mais avec le sourire. Merci à toutes et tous !
Voir l’album complet des photos © Virginie Danet / Christelle Chambre

LARMES DE SIRENES. COLLECTEZ POUR LE JAPON. Comme expliqué pendant le nettoyage, une université japonaise recherche du granulé plastique du monde entier pour l’analyser. En effet, les «larmes de sirènes» fixent certains polluants chimiques perturbateurs endocriniens comme les PCD, DDT, HCH. Ce sont eux qui sont quantifiés. Vous pouvez participer en envoyant (dans du papier ou de l’alumunium, mais pas de poche plastique) 100 grains ramassés sur votre plage à :
Laboratory of Organic Geochemistry, Dr. Hideshige Takada,
Tokyo University of Agriculture and Technology,
Fuchu, Tokyo 183-8509, Japan

En mentionnant bien la plage, localité et pays de ramassage, ainsi que la date.

Toutes les infos sont sur le site www.pelletwatch.org

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